Vendredi 11 juin, le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, et son homologue allemande, Ilse Aigner, se sont rencontrés à Berlin pour tenter de trouver une position commune sur la réforme à venir de la PAC. A l’origine de cette réunion, les deux principaux syndicats agricoles français et allemand : la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et le Deutscher Bauernverband (DBV) qui ont envoyé un courrier aux deux ministres pour leur proposer cet entretien. En effet, les deux dirigeants syndicalistes, Jean-Michel Lemétayer et Gerd Sonnleitner, ont estimé qu’il était urgent de s’entendre sur le dossier de la réforme de la PAC.
Les deux grands syndicats ont rappelé, dans un communiqué adressé aux ministres français et allemand, que l’agriculture était un secteur stratégique de l’économie, et ce à deux niveaux. Au niveau international, l’agriculture est un facteur réel de stabilisation politique et sociale: sécurité alimentaire, satisfaction des besoins alimentaires de 6 milliards d’être humains à l’heure actuelle et bientôt de 9 milliards en 2050, productions adaptées au changement climatique, etc. En Europe, 40 millions d’actifs travaillent dans ce secteur et 500 millions de consommateurs en dépendent. Pourtant, ces sujets restent pour l’heure, souvent absents des grands débats nationaux et internationaux.
La FNSEA et le DBV ont également appelé à ne pas démanteler la PAC, mais plutôt à la « stabiliser et à la conforter pour la rendre plus réactive et efficiente ». Enfin, ils plaident pour une meilleure gestion de la volatilité des marchés, « conséquences des négociations internationales et du démantèlement des outils de gestion des marchés »1.
Il est primordial que la France et l’Allemagne, qui sont les deux premiers pays bénéficiaires de la PAC, adoptent une position commune sur la réforme à venir, ce qui n’est pas, compte tenu des récentes réactions allemandes en matière budgétaire, un pari facile. A l’instar d’autres secteurs économiques comme la défense, le couple franco-allemand est crucial quand il s’agit de peser dans les négociations européennes. Son bon fonctionnement est et a toujours été le moteur d’une coopération européenne généralisée et indispensable pour lancer de vastes projets paneuropéens comme lors de la première PAC de 1962.
1 http://www.fnsea.fr/sites/webfnsea/actu/comm/2010/06/declarationfnseadbv11062010.pdf |