Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Nouvelle PAC : jusqu’où la politique de l’autruche ?

1er Décembre 2014


Une nouvelle crise du lait se profilant dans certains Etats-membres, des voix commencent à se faire entendre sur la nécessité de réviser la PAC. Certains se prêtent aux jeux des pythies, comme l’économiste irlandais Allan Matthews qui dans un récent billet publié sur son blog dresse les scénarios possibles quant à l’évolution de la PAC et plus spécifiquement son absence d’évolution. La réalité des marchés agricoles pourrait néanmoins prendre de vitesse tous ceux qui parient sur un statu quo.

Pour Allan Matthews, la révision à mi-parcours (en 2016-2017) du Cadre Financier Pluri-annuel (CFP) et l’adoption de mesures de régulation plus poussées dépendront notamment de la bonne disposition du Président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et de celle du nouveau Commissaire à l’agriculture Phil Hogan.

En effet, à première vue, une nouvelle réforme de la PAC en 2020 ne fait pas partie des priorités assignées par Juncker à son Commissaire à l’Agriculture. Il l’enjoint davantage à « rester dans les clous », c’est-à-dire à veiller au respect du budget (un budget agricole en baisse qui selon certains experts devrait encore drastiquement baisser ces prochaines années), poursuivre la mise en place de la réforme récemment adoptée et veiller à simplifier ce qui peut l’être.

La PAC n’est donc pas le chantier prioritaire de la Commission Juncker, préférant laisser à Phil Hogan le soin de s’atteler à des dossiers urgents comme la préparation de la sortie des quotas laitiers en 2015, la mise en place de dispositifs pour lutter contre l’embargo russe et la poursuite des négociations transatlantiques, dont les aspects agricoles et alimentaires sont particulièrement délicats à gérer. Si la situation l’exige cependant, Allan Matthews mise plutôt sur un « rafistolage » de la PAC plutôt qu’une nouvelle grande réforme.

L’économiste admet toutefois qu’un nouvel événement peut amèner les décideurs européens à revoir leur priorité. Si l’on considère l’instabilité et l’incertitude intrinsèque à ces marchés cette probabilité n’est pas à exclure.

Pour l’heure, la PAC qui vient d’être votée pour les sept années à venir, ignore totalement cet environnement géostratégique d’une extrême sensibilité de même que les nouvelles réalités économiques de l’agriculture.

C’est en ce sens que momagri propose un nouveau cap stratégique pour la PAC à travers la publication prochaine d’un livre blanc. Une PAC 2020 qui serait notamment refondue autour d’un dispositif contracyclique, stabilisateur des revenus et à un coût global maîtrisé dans les limites des perspectives financières pluriannuelles.


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Paris, le lundi 20 novembre 2017