Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Momagri félicite Emmanuel Macron, le nouveau Président de la République



Lettre ouverte d’Emmanuel Macron adressée aux agriculteurs le 19 avril 2017

15 Mai 2017

« Remettre l’agriculture et l’alimentation au cœur du projet France » est la vision politique que Momagri appelle de ses vœux depuis plusieurs années.

L’agriculture est stratégique pour toutes les grandes puissances de la planète (Etats-Unis, Russie, Chine, Brésil, etc.). C’est donc en commençant par rendre à l’agriculture son rang de priorité nationale que les agriculteurs pourront retrouver la reconnaissance et la fierté de leur métier.

Mais c’est aussi en abordant l’épineuse question du prix et de la répartition de la valeur ajoutée que l’équipe gouvernementale à venir répondra aux attentes des agriculteurs.

Enfin, la France devra porter une voix forte dans le processus de réforme de la PAC post 2020 pour sortir du discours qui fait de l’UE un cimetière pour une partie du monde agricole français.

Et à cet égard, l’esprit qui guide En Marche sera déterminant. En effet, la pensée en matière de politique agricole est depuis trop longtemps stérilisée par les idéologies.

Revenir aux fondamentaux du fonctionnement de l’économie agricole et s’inspirer des orientations politiques de nos partenaires commerciaux sera essentiel pour que les propositions pour la PAC post 2020 qui seront portées à Bruxelles soient à la hauteur des enjeux et redonnent un véritable élan à la construction européenne.

Nous faisons pleinement confiance à Audrey Bourolleau et Olivier Allain qui ont dirigé l’équipe de campagne dédiée à l’agriculture et à Jacques Mézard, nouveau ministre de l’Agriculture, pour redonner aux agriculteurs des raisons de croire dans leur avenir.


La rédaction de Momagri




Téléchargez la lettre ouverte aux agriculteurs d'Emmanuel Macron

Madame, Monsieur,

J’ai souhaité m’adresser à vous par cette lettre parce que l’agriculture est au cœur de mon projet pour la France mais que les préoccupations des agriculteurs n’ont pas été au cœur de la campagne présidentielle.

Je veux être le candidat qui défendra le travail et la réussite de nos territoires. Je veux être le Président de la République qui permettra à notre pays de retrouver son esprit de conquête. Mais pour cela, j’ai besoin des agriculteurs : vous avez des savoir-faire et une force de travail indispensables et vous êtes les gardiens de nos paysages. Comment faire réussir la France sans l’agriculture française, qui est au cœur de l’identité de notre pays, au cœur des défis alimentaires, économiques, environnementaux ?

Lors de mes nombreux déplacements dans les fermes de France, dans le Cantal, en Mayenne, ou encore dans le Finistère, j’ai entendu la détresse du monde agricole. Vous travaillez bien trop souvent sept jours sur sept, sans jamais prendre de vacances et vous vivez pourtant dans des conditions de plus en plus difficiles. Il n’est pas acceptable qu’un tiers d’entre vous gagne moins de 350 euros par mois.

C’est parce que cela est insupportable que mon projet vise à soutenir nos agriculteurs, afin qu’ils puissent vivre de leur travail, tout simplement. C’est pour votre avenir que je défendrai une agriculture française conquérante, innovante, durable et riche de la diversité de ses modèles agricoles.

Candidat du travail, je m’engage à ce que les agriculteurs perçoivent le juste prix de leur labeur.
  • Je veux redonner du pouvoir aux producteurs dans la chaîne de valeur. Nos produits agricoles français sont de grande qualité. Pourtant, cette qualité ne se reflète pas dans les prix : cela fait plus de trente ans que ceux-ci ont trop peu évolué. Pour aboutir à un partage plus équilibré de la valeur, nous organiserons dès le début du quinquennat des états généraux de l’alimentation qui réuniront les représentants des agriculteurs, des filières, des industries de transformation et de distribution, et des consommateurs.
  • J’encouragerai par ailleurs le développement de véritables organisations de producteurs, avec des capacités de négociations renforcées, pour que les agriculteurs pèsent davantage dans les négociations avec les industriels de l’agro-alimentaire et la grande distribution.
  • Je veux que vous puissiez embaucher davantage. Pour cela, nous baisserons le coût du travail, en transformant le CICE en allégement permanent de cotisations sociales. Pour un salarié au SMIC, il n’y aura plus aucune charge patronale : cela représentera une économie de 1 800 euros par an pour l’employeur.
  • Enfin, je vous aiderai à surmonter les difficultés. Lorsque l’activité est en baisse ou lorsqu’elle n’est plus possible, vous aurez accès à une indemnisation chômage, comme cela est le cas aujourd’hui pour le reste des travailleurs. Car trop souvent la perspective d’une perte d’activité conduit à commettre l’irréparable.
Candidat des agriculteurs, je m’engage à vous accompagner davantage et à me battre pour une Europe qui protège :
  • L’administration ne doit pas être là pour vous sanctionner, mais d’abord pour vous accompagner et vous faciliter la vie. Nous créerons un droit à l’erreur : un agriculteur qui se serait trompé de bonne foi ne sera plus inquiété. L’administration devra aussi être plus rapide pour le versement des aides ou la délivrance d’autorisations.
  • Je souhaite redonner un cap à l’Union européenne. Moins centrée sur la production de normes tatillonnes, elle devra être plus protectrice des agriculteurs européens et mieux défendre sa place de seconde puissance agricole dans le monde. Pour cela, le budget de la PAC devra être préservé et je ferai appliquer le principe de dérogation au droit de la concurrence pour le secteur agricole.
  • Je m’engage à défendre la mise en place d’outils de régulation. Pour lutter contre la volatilité des prix et protéger le revenu des agriculteurs en cas de crises, nous mettrons en œuvre une palette d’outils de régulation, adaptés à chaque situation : mécanismes contracycliques et fonds de mutualisation notamment. Nous développerons des outils de gestion des risques efficaces.
  • Je me battrai pour la convergence fiscale, sociale et environnementale au sein de l’Union européenne, afin que chaque Etat joue avec les mêmes règles du jeu.
Je m’engage enfin à vous aider à faire face aux défis que vous rencontrez dans vos exploitations et au quotidien.
  • Le premier défi est celui de la compétitivité, qui nécessite notamment de moderniser certaines de vos exploitations. Pour vous aider à financer ces travaux, nous y consacrerons un grand plan de transformation de l’agriculture de 5 milliards d’euros. Concrètement, ce plan se traduira par la multiplication par quatre des crédits nationaux de PCAE et par l’augmentation des crédits dédiés à l’innovation et au développement rural (P3A, CASDAR). Au-delà de ce plan dédié à l’agriculture, 5 milliards supplémentaires seront alloués à la modernisation des infrastructures de transport.
  • Le deuxième défi est celui de concilier excellence agricole et excellence environnementale. Il nous faut, pour cela, sortir de l’écologie punitive. Nous créerons des PSE « Paiement pour Services Environnementaux » pour 200 millions d’euros par an. Cette mesure pourra s’ajouter aux mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) et doublera ainsi l’enveloppe existante. Cette réconciliation entre agriculture et environnement passera aussi par le plan d’investissement que j’évoquais. Car, en France, l’âge moyen des bâtiments pour les élevages se situe entre 20 et 25 ans or pour un éleveur, un bâtiment neuf est synonyme d’une réduction de la consommation énergétique et d’un moindre recours aux antibiotiques.
  • Le dernier défi est celui du renouvellement générationnel. Pour faciliter l’installation des jeunes agriculteurs, nous créerons un prêt d'honneur, sans demande de garantie, d’un montant de 50 000 euros maximum avec un différé de 2 ans. De plus, le recours à des outils de portage du foncier sera facilité et nous améliorerons la transparence sur les transactions foncières, pour lutter contre l’accaparement des terres agricoles. Pour rendre le métier plus attractif pour les jeunes, nous améliorerons la vie dans nos campagnes, en assurant la couverture numérique de tous les territoires et en garantissant l’accès aux soins et aux services publics par la création de nouvelles maisons de santé et de nouvelles maisons de services publics.
Vous l’aurez compris, je veux fonder un nouveau pacte social entre les agriculteurs et la société française : pour vous redonner la fierté de votre travail et pour que nos concitoyens soient fiers de notre agriculture.

Emmanuel Macron

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Paris, le vendredi 17 novembre 2017