Aujourd’hui, les signaux d’alarme sur l’insécurité alimentaire se multiplient un peu partout autour du monde, suscitant l’inquiétude des organismes internationaux spécialisés et le déblocage de fonds d’urgence.
Le 28 janvier, un représentant de l’office d’aide humanitaire de la Commission européenne (Echo) a averti depuis Dakar qu’une crise alimentaire grave menace 2,7 millions de personnes au Sahel, des pluies insuffisantes ayant provoqué un déficit d’un million de tonnes de céréales. Sans compter que 5 autres millions de personnes risquent d’être affectées. D’après le gouvernement nigérian, dont le pays est le plus touché, 220 millions de dollars seraient nécessaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire en 2010.
De l’autre côté de la planète, en Mongolie, ce n’est pas la sècheresse mais le froid qui met en danger la population : des températures chutant à -50°C ont en effet décimé 1,7 millions de têtes de bétail au 31 janvier. Une catastrophe pour ce pays dont la population, essentiellement nomade, dépend entièrement de l’élevage pour survivre. Une aide d’urgence de quelques 6 millions de dollars doit être mobilisée par la FAO au cours de trois prochains mois pour aider ces populations à passer l’hiver.
A cela s’ajoute les dommages causés par le tremblement de terre d’Haïti sur l’agriculture locale, qui nécessiterait 700 millions de dollars d’après la FAO pour être remise sur pied.
Cette année comme chaque année, la situation alimentaire de plusieurs pays autour de la planète est menacée. Il est urgent de bâtir un système agricole mondial viable qui, s’appuyant sur des agricultures locales performantes, assure la sécurité alimentaire du plus grand nombre, en épargnant à la communauté internationale des déblocages de fonds imposants mais conjoncturels.
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