Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.

Méfions-nous de l’eau qui dort

04 janvier 2010



D’après le dernier rapport sur les perspectives alimentaires de la FAO, publié le 9 décembre 2009, les prix mondiaux des denrées alimentaires repartent à la hausse. L'indice composite des prix alimentaires de la FAO – un panier incluant céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre – a ainsi enregistré quatre augmentations mensuelles successives, jusqu’à atteindre 168 points en moyenne en novembre 2009.

Un mouvement haussier qui n’inquiète pas la FAO. Le niveau atteint reste en effet inférieur de 21% au pic atteint en juin 2008, au plus fort de la crise alimentaire qui avait sévi cette année là. Par ailleurs, les stocks céréaliers sont à des niveaux suffisants, et la production continue d’augmenter, ce qui rend peu probable une réédition de la crise de 2008.

Que l’on ne s’y trompe pourtant pas : si la conjoncture actuelle ne devrait pas mener à de nouvelles émeutes de la faim, en raison de ces conditions de marché favorables, la situation reste néanmoins critique pour beaucoup de ménages en situation de pauvreté. Les prix alimentaires élevés constituent en effet une menace permanente, d’autant plus qu’ils ne sont pas à l’abri d’une brusque flambée des prix sur les marchés internationaux.

Il ne faut en effet pas oublier que les marchés peuvent se retourner brutalement sans crier gare : avant la flambée des prix alimentaires en 2007/08, l'indice n'avait jamais dépassé 120 points et, la plupart du temps, il était inférieur à 100 points ; le niveau actuel reste anormalement haut. Les fonds spéculatifs sont à l’affut de la moindre variation des cours qui pourraient leur permettre d’engranger des plus-values, pouvant à tout moment transformer un petit accroc dans le cours des matières premières agricoles en une soudaine flambée des prix.

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Regards sur l'actualité
Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 8 février 2012