Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Matières premières agricoles : le « trading haute fréquence », une pratique sous surveillance

21 Mars 2011



Au début du mois de mars, le quotidien financier britannique Financial Times rapporte une anecdote : Avery Putter, courtier en matières premières chez Spectron, s'apprête à acheter des options sur le cacao à la bourse de New York. Mais alors qu’il est sur le point de finaliser son achat sur les marchés à terme, les cours du cacao chutent soudainement et en moins d'une minute, perdent 12,5%. « Ces jours-ci, ce sont des choses qui arrivent souvent », déclare-t-il.

En effet, ce n’est pas une première. Depuis quelques temps, les matières premières agricoles sont soumises à une volatilité extrême. Une des raisons qui expliqueraient ces « montagnes russes » financières serait pour certains, l’augmentation des « transactions de haute fréquence » effectuées par les traders et qui consiste à acheter et vendre des options de façon très rapide grâce à des algorithmes informatiques.

Dans le monde des courtiers, on désapprouve presque unanimement : les marchés sont devenus bien trop instables. Jim Cassidy, courtier chez Newedge, déclare ainsi au Financial Times: « Ces mouvements brutaux, abrupts et frénétiques qui ne durent que quelques secondes ou minutes, sont un phénomène nouveau qui, je pense, est du en partie aux transactions de haute fréquence ».

Cette question a déjà été au cœur du débat sur la régulation des marchés financiarisés. En novembre 2010, Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité des Marchés Financiers, signalait en effet que la technologie à l’origine des transactions haute fréquence rendait la détection des manipulations de cours plus difficile, « tout en perturbant les investisseurs qui n'arrivent plus à lire le marché ». La ministre de l'Economie Christine Lagarde a également appelé à la même époque, à l’interdiction dans certains cas, de cette pratique très courante aux Etats-Unis et en plein essor en Europe, où elle représente près de 35% des échanges.

Aujourd’hui, rien ne dit clairement que les « transactions haute fréquence » sont à l’origine de la volatilité des cours des matières premières agricoles. D’autres facteurs rentrent en ligne de compte, comme les tensions entre l’offre et la demande ou les niveaux de réserves de stocks alimentaires. Mais il va de soi que cette pratique participe sûrement à l’opacité qui règne sur les marchés financiers et avive la volatilité naturelle des matières premières agricoles. Une question qu’il sera donc primordial d’aborder dans le cadre des travaux préparatoires des G20 Finance et Agriculture…

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 23 mai 2012