Gravement affectée par des cyclones qui ont dévasté 80% de sa dernière récolte, l’île de Madagascar se trouve dans une situation de pénurie, que le cours mondial des produits alimentaires particulièrement élevé ne permet pas de résoudre. Comme le souligne Marco Falcone, coordinateur de la FAO pour les urgences à Madagascar, « importer du riz aux cours mondiaux signifie payer 70% de plus que les prix locaux actuels, et cette situation risque de durer ». Par conséquent, les autorités de l’île ont défini deux programmes agricoles, à court terme et à long terme, pour garantir leur sécurité alimentaire. A court terme, l’objectif visé est d’augmenter la production de riz, grâce à une campagne de semis qui s’est achevé au mois d’août. Ce programme d’urgence, mis en œuvre en coopération avec le FAO, devrait garantir une production vivrière locale suffisante pour satisfaire les besoins du pays cette année. Néanmoins, comme le souligne le FAO, « l’accroissement de la production rizicole ne suffirait toutefois pas à résoudre à terme une situation chronique de pauvreté et de malnutrition ». Madagascar souffre en effet de sa dépendance au riz, qui favorise une situation de sous-alimentation du fait de son apport limité en nutriments et en protéines. C’est pourquoi, parallèlement à cette politique d’urgence, Madagascar a mis en place un programme de long terme, consistant à réintroduire dans le sud du pays la culture du sorgho. Cette culture traditionnelle, résistante aux périodes de sécheresse brutales dont est victime la région, avait disparu au milieu des années 90 à la suite d’une famine ayant contraint les familles à consommer les récoltes et les semences pour survivre. L’exemple malgache est révélateur de la nécessité de ne pas dissocier les problématiques commerciales de celles liées à la sécurité alimentaire… ce que l’OMC a trop tendance à oublier. |