Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Londres garde le même cap libéral en ce qui concerne la PAC

 

07 Juin 2010



Comme on pouvait s’y attendre, l’arrivée du parti conservateur (Tories) de David Cameron au pouvoir au Royaume-Uni n’a pas modifié la position de Londres en ce qui concerne la PAC : quelques semaines seulement après les élections britanniques, le Conseil des ministres européens de l’Agriculture réuni le 1 juin à Mérida (Espagne) a été l’occasion pour le nouveau gouvernement libéral-conservateur d'indiquer à ses partenaires européens qu'il « reste fermement engagé en faveur d'une réforme radicale de la PAC ».

Selon la nouvelle ministre britannique de l'Agriculture, Caroline Spelman, la crise en Europe devrait l'aider à négocier « une nouvelle hiérarchisation des dépenses européennes » – entendre : réduire les dépenses européennes alloués à l’agriculture dans le cadre de la PAC. Car pour Londres, c’est toujours du même sujet dont il s’agit : moins de PAC, moins de régulation, moins de dépenses. D’après la ministre, les difficultés économiques actuelles sont en réalité « une vraie opportunité » pour « alléger le fardeau de la régulation ».

Londres apparaît plus isolé qu’autre chose sur ce domaine, ne pouvant compter que sur le soutien des pays nordiques comme la Suède ou Danemark. Cela étant, il est regrettable que le nouveau gouvernement libéral-conservateur réduise les problématiques agricoles à une problématique budgétaire alors que l’agriculture est un secteur stratégique. A force de vouloir faire des économies, le risque est grand de devoir supporter le coût, autrement plus important, d’une crise majeure : si les ministres des Finances avaient eu connaissance en 2005 du coût réel de la crise financière, il y a fort à parier qu’ils auraient depuis longtemps choisi de réguler ce secteur.

Sachons apprendre de nos erreurs, et ne pas attendre une deuxième crise, cette fois-ci agricole et alimentaire, pour que tous les pays acceptent de payer le coût, relativement faible (mois de 30 centimes d’euros par jour et par habitant de l’Union européenne) au regard des conséquences financières d’une crise, de la régulation.

Haut de page
Paris, le jeudi 2 octobre 2014