Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Libéralisation des échanges agricoles :
un objectif « do(h)able » pour le groupe de Cairns

23 Juin 2014


Les Cassandre pourraient avoir raison quant à la disparition prochaine de l’OMC alors que les engagements de la conférence de Bali peinent à être mis en place, preuve supplémentaire que cet accord est bien loin de porter en son sein les vertus qu’on lui prête. En parallèle, les accords de libre-échange bilatéraux, à l’image du partenariat Transatlantique, ont le vent en poupe mais également leurs censeurs : Tom Vilsack, le secrétaire américain à l’agriculture, a récemment fait une tournée de promotion du TTIP en Europe, Angela Merkel pousse quant à elle à la signature de l’accord UE/Mercosur…Pourtant les inquiétudes sont de plus en plus grandissantes, notamment au sein du milieu agricole européen mais également américain ou encore colombien...

Les membres de l’OMC se sont ainsi réunis les 5 juin et 6 juin au sein du comité de l’agriculture afin d’examiner de plus près les subventions à l’exportation en vue de maintenir un bas niveau de subventions et d’œuvrer à leur élimination totale. Le groupe de Cairns, fervent zélateur de la libéralisation des échanges commerciaux a estimé que cet objectif était « faisable », dans la logique des engagements initiés par le cycle de Doha en 2001. Cette considération n’est pourtant pas du goût de tout le monde, c’est ainsi que l’Union européenne et les Etats-Unis n’ont pas hésité à freiner l’optimisme de pays comme la Nouvelle-Zélande, affirmant qu’en l’Etat les informations concernant les politiques de soutiens aux exportations (subventions, aide alimentaire, entreprises commerciales d’Etat…) sont bien loin d’être suffisantes et ne permettent pas de faire avancer favorablement les négociations en la matière.

Le cycle de Doha est mort-né, la conférence de Bali a botté en touche, et pourtant les partisans du libre-échange jusqu’au-boutiste sont encore là au sein de l’OMC à vouloir ressusciter des pratiques et un discours aujourd’hui totalement obsolètes et délétères. Mais plus encore, le coup de frein des Etats-Unis et de l’UE dans la poursuite des négociations sur la disparition des barrières aux échanges agricoles mondiaux pourrait être une preuve supplémentaire que le jeu se joue ailleurs, sur un tout autre terrain, celui des négociations bilatérales. Car c’est aussi, et surtout à ce niveau, que le sort de l’agriculture est en train de se jouer actuellement. Une perspective qui pourrait s’avérer inquiétante dans le cadre du partenariat transatlantique ou de l’accord UE/Mercosur, si l’Union européenne continue à ignorer les nouvelles réalités économiques de l’agriculture. Car force est de constater que l’instabilité des marchés agricoles et la compétition internationale se durciront davantage dans les années à venir.

Il devient ainsi urgent de provoquer une prise de conscience : la PAC ne peut plus rester une politique à contre-courant des autres grandes politiques agricoles de la planète, sous peine de mettre en danger sa propre agriculture et sécurité alimentaire.


Haut de page
Paris, le samedi 23 septembre 2017