Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Les revenus des agriculteurs fragilisés par le coût de l’énergie

18 décembre 2006

Selon les estimations de l’INSEE, le revenu des agriculteurs a augmenté de 15% en 2006. Pourtant, cette hausse s’inscrit dans une tendance globalement baissière depuis 1998, puisque le revenu net des agriculteurs a baissé de près de 30%, du notamment à un alourdissement de la facture pétrolière qui a cru de plus de 30% entre 2004 et 2006.
Cette hausse du prix du pétrole affecte directement le revenu des exploitations car outre le renchérissement des coûts de transport, elle provoque une hausse des coûts d’approvisionnement en produits d’agrofournitures (engrais, amendements, films plastiques).

Une étude sectorielle consacrée à la production laitière dans l’Ouest de la France a démontré que la hausse des cours pétroliers de ces deux dernières années avait entraîné un renchérissement de près de 26 % des coûts de production. On saisit davantage la gravité de la situation en précisant que 125 litres de fioul sont nécessaires pour produire 1000 litres de lait !

Face à ces difficultés, les agriculteurs se sont tout d’abord efforcés, dès les années 1980, de stabiliser le volume des produits énergétiques utilisés tout en parvenant – au cours de cette même période – à augmenter leur productivité de 25 %. Mais en dépit de cette performance, les agriculteurs demeurent fortement dépendants du prix de l’énergie. Lors d’une conférence de presse commune organisée au mois de novembre dernier, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont demandé à l’Etat de prendre en charge – via l’instauration d’un chèque énergie – la moitié des surcoûts consécutifs à l’augmentation excessive des prix du pétrole.

Mais, au-delà des réponses conjoncturelles, il est indispensable de prendre en compte l’impact des variables énergétiques dans la production agricole, ce qu’aucun des modèles traditionnellement utilisés lors des négociations internationales n’intègre à l’heure actuelle. Cette démarche, que le MOMA a fait sienne à travers l’élaboration de son modèle économique, permettra véritablement d’appréhender l’agriculture dans toute sa complexité d’une part et d’appuyer les politiques nationales et internationales sur des bases réalistes, d’autre part.

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Paris, le samedi 20 décembre 2014