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Alors que la France a connu, au premier semestre 2011, un déficit record de son commerce extérieur1 à 37,5 milliards d'euros, le solde positif du commerce extérieur agricole et agro-alimentaire contribue (avec le transport, la pharmacie, les produits chimiques et cosmétiques) à limiter la dégradation de notre balance commerciale.
Plus précisément, au 1er semestre 2011, l’excédent du commerce extérieur agricole s’est élevé à 5,3 milliards d’euros qui se répartissent en 2,57 milliards d’euros pour les produits bruts et 2,74 milliards d’euros pour les produits transformés. Ces résultats représentent une progression de 70% par rapport aux chiffres du 1er semestre 2010.
Les exportations agricoles françaises qui reposent sur les deux grands postes « céréales » et « vins et spiritueux », ont notamment bénéficié du retrait des Russes du marché mondial. Mais le retour de ces derniers2 dans le jeu du commerce international risque de changer la donne pour les mois à venir. Par ailleurs, l’effet de la dépression financière mondiale commencerait déjà selon certains, à se faire sentir sur l’excédent de nos ventes de vins et de Champagne.
L’avenir risque donc d’être moins positif pour la balance commerciale et la croissance françaises3, et plus difficile pour notre agriculture. Et ce d’autant que les agriculteurs français traversent actuellement une période d’incertitude qui met en péril la pérennité des exploitations : la volatilité des prix, un endettement croissant et des coûts de production que ne couvrent plus les prix de vente, forment, en effet, un cocktail explosif.
Les bons chiffres du commerce extérieur français ne doivent donc pas faire oublier que le métier d'agriculteur, qui a pour mission première de nourrir les Hommes, est en péril. Preuve en est, bon nombre d'agriculteurs sont aujourd’hui inscrits au RSA pour survivre. Pourtant, l’agriculture française ne manque pas d’atouts. Mais elle a besoin d’un cadre politique permettant à la fois d’améliorer sa compétitivité et d’offrir suffisamment de visibilité aux agriculteurs.
1 Pour mémoire, le solde de la balance commerciale française est passé à partir de 2003 de l'équilibre à un déficit croissant, année après année.
2 Cf. Article « Regard sur l’actualité » de momagri « Forcing de la Russie sur le marché mondial du blé »
3 Le déficit du commerce extérieur français coûte chaque année un point de croissance. |