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Depuis début janvier 2011, la Tunisie et l’Algérie sont traversées par de violentes émeutes provoquées notamment, par l’envolée des prix des denrées alimentaires. Cette flambée de violence n’est pas retombée malgré des mesures d’apaisement proposées par les gouvernements en place.
« L’étincelle, ici, ce fut l’augmentation des prix des produits de base, ressentie très douloureusement pour des jeunes [..] issus de familles dont les produits alimentaires représentent en moyenne la moitié du budget. » a déclaré Karim Amellal, écrivain et maître de conférence à Sciences Po Paris, dans un entretien publié par le journal algérien El Watan le 10 janvier.
En effet, en Algérie, les prix de la farine, du sucre et de l’huile se sont envolés. Alors qu’un kilo de sucre coûtait 70 dinars (0,7€) il y a encore quelques mois, il en vaut aujourd’hui 150 (1,6€).
Pour tenter d’enrayer cette inflation et de « calmer » la population, le gouvernement algérien a décidé, le 8 janvier, une suppression temporaire des droits de douane et de la TVA sur le sucre roux et les produits alimentaires, une mesure qui devrait rester en vigueur jusqu’au 31 août 2011. Concernant la farine, le gouvernement n’en changera pas le prix, mais les quotas d’importation de blé tendre vont être augmentés.
L’inflation des prix alimentaires n’est certainement pas l’unique cause de ces émeutes au Maghreb. La Tunisie et l’Algérie sont des pays ravagés par le chômage et où les tensions entre le peuple et les élites est profonde, mais les experts s’accordent à dire que la cherté des aliments de base a été le catalyseur d’une explosion sociale latente comme cela s’est déjà produit par le passé.
Une actualité qui rappelle que la cherté des denrées alimentaires de base, est très souvent, le point de départ et le catalyseur des troubles sociaux. Déjà en 1984 sous Habib Bourguiba, la Tunisie avait connu des « émeutes du pain » provoquées à l’époque, par les augmentations du prix du pain et des produits céréaliers, et qui avait entraîné la mort de 70 personnes.
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