Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
regards sur l'actualité
Paris, le vendredi 10 septembre 2010
Les parlementaires européens inquiets des négociations de libre-échange entre l’UE et le MERCOSUR.

 

21Juin 2010



Après trois années d’intenses négociations, l’Union Européenne et l’Amérique latine ont finalement signé plusieurs accords de libre-échange commerciaux afin de faciliter leurs échanges dans le secteur agricole. L'accord commercial obtenu avec le bloc constitué par le Panama, le Guatemala, le Costa Rica, le Salvador, le Honduras et le Nicaragua offrira aux exportateurs de produits agricoles de ces pays un plus grand accès au marché européen en contrepartie d'une libéralisation des échanges de véhicules, de machines, de produits chimiques ou de services environnementaux qui bénéficiera aux entreprises de l'UE.

C’était il y a presque un mois, et déjà, de nombreuses voix s’élèvent contre ces accords : appartenant à toutes les tendances politiques confondues, plusieurs députés de la commission agriculture du Parlement européen n’ont pas hésité à élever le ton le 1er juin lors d’un échange avec un représentant de la Commission européenne. Leur leitmotiv ? Les accords de libre-échange entre l’UE et l’Amérique latine risquent de fortement déstabiliser la PAC et l’agriculture européenne. « Nous assistons au bradage de l’agriculture européenne », a averti la démocrate-chrétienne irlandaise Mairead McGuiness. Le libéral britannique George Lyon a quant à lui demandé que la Commission fournisse plus d’informations sur sa position dans les négociations et que le Parlement européen soit plus impliqué.

« Une plus grande ouverture du marché intérieur européen aux productions des pays latino-américains serait « le coup de grâce, le coup définitif pour les productions espagnoles et aurait un impact énorme sur l’élevage européen », avait déjà dénoncé José Luis Miguel, un responsable agricole espagnol juste après la confirmation des accords. Dans un contexte de crise économique, de forts déficits et de dérégulation des marchés, cet accord ne risque-t-il pas en effet, d’affecter un peu plus une agriculture européenne déjà en crise dans la mesure où les pays du Mercosur concentrent 20% de l’élevage mondial, 35% de la production de soja et sont les premiers exportateurs mondiaux de maïs ?

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