Dans un récent ouvrage, publié le 25 septembre dernier, Georges Lewi1 et Pascal Perri2 étudient le modèle économique des coopératives agricoles, dont la réussite devrait, selon eux, faire réfléchir nombre d’acteurs de l’économie néo-libérale. Intitulé « Les défis du capitalisme coopératif : ce que les paysans nous apprennent de l’économie », l’ouvrage se penche sur ce système méconnu qui rassemble pourtant les trois quarts des agriculteurs français, pèse 80 milliards d’euros, emploie 150 000 salariés, et développe des marques aussi connues que Candia, Béghin Say, Douce France, Nicolas Feuillatte, etc. Doublement héritier du christianisme social et du socialisme, le mouvement coopératif, fondé sur le volontariat, la mise en commun du capital et un exercice démocratique du pouvoir (un homme, une voix) privilégie les valeurs de solidarité, de responsabilité mutuelle et d’éducation. Comme le souligne Philippe Mangin, qui a signé la préface du livre, « l’objectif est de coopérer entre petits et gros agriculteurs, d’être solidaires entre coopératives lorsque l’une d’elle est en difficulté. C’est une dynamique collective dans une société individualiste. » L’occasion de réinterroger les « fondamentaux » du modèle économique actuel : dans le contexte de crise qui touche tous les secteurs, ce modèle rappelle des valeurs oubliées, fondées sur la solidarité, la contractualisation, et le long terme, et offre de nouvelles perspectives dans la tentative des chefs d’Etat de donner à la mondialisation un visage plus humain. 1 Spécialiste des marques et enseignant à HEC et au Celsa 2 Professeur d’économie spécialiste des questions de concurrence, directeur de PNC (cabinet de conseil en stratégie). |