Après les producteurs de lait, c’est au tour des céréaliers de descendre dans la rue pour protester contre la baisse de leurs revenus et le démantèlement progressif de la PAC. Quelques 10 000 agriculteurs, avec le renfort de 1 300 tracteurs, ont en effet défilé mardi 27 avril à Paris. Parmi leurs revendications, le retour des aides à l’exportation, pour écouler une partie de leur production avant la prochaine récolte.
Plus que les autres, cette manifestation témoigne de la brutalité et de la gravité de la crise qui affecte aujourd’hui le secteur agricole. Longtemps, les céréaliers ont été les « mieux lotis » de la filière, avec des exploitations plus concentrées, plus grandes, et plus compétitives que celles des autres filières. Ainsi, en 2007, les revenus moyens des céréaliers ont enregistré une progression de plus de 100%, tandis que ceux des éleveurs par exemple ont diminué (-25% pour les bovins, -32% pour les ovins, et -38% pour les porcins). A tel point qu’en 2009, au plus fort de la crise qui affectait les producteurs laitiers et fruitiers, le ministre de l’Agriculture de l’époque, Michel Barnier, avait décidé d’opérer une redistribution d’1,4 milliard d’aides de la PAC, depuis les producteurs de grandes cultures vers les secteurs sinistrés.
Aujourd’hui, tout comme leurs confrères éleveurs ou producteurs laitiers, les producteurs de céréales sont exsangues financièrement, confrontés à une baisse drastique de leurs revenus (de 25% à 50%) suite à la chute des prix sur les marchés internationaux (-24% en 2009), conjuguée à l’augmentation des coûts de production. Une situation qui confirme, si les décideurs politiques n’étaient pas déjà convaincus, de la nécessité de mettre en place des mesures structurelles de long terme pour stabiliser le secteur agricole, et sécuriser la production alimentaire de la France et de l’Union européenne. |