Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Les biocarburants : une question complexe

12 mars 2007

Le premier février 2007, l’Institut Français du Pétrole a organisé une conférence consacrée à l’avenir des biocarburants. Outre les questions strictement énergétiques, les débats se sont focalisés sur deux points fondamentaux :

> Les risques induits par la concurrence entre la production agricole à usage alimentaire et non alimentaire (biocarburants), notamment en termes de volatilité des prix.
> L’impact réel de la production de biocarburants sur l’environnement.

La production de biocarburants a une répercussion directe sur les cours des matières premières agricoles, comme le montre l’actualité récente : Les niveaux élevés de production de maïs pour la fabrication d’éthanol aux Etats-Unis ont entraîné une très forte hausse des prix du maïs au Mexique et notamment des tortillas, qui ont augmenté de plus de 400%, provoquant d’importants troubles sociaux.
Cette situation n’est pas nouvelle : déjà en 1989, les industriels brésiliens de la filière éthanol avaient préférés offrir leur production à la filière non alimentaire dans un contexte d’envolée des prix mondiaux, ce qui avait généré d’importants dysfonctionnements de marché et une aggravation de la volatilité des cours.

La production de biocarburants a également un impact écologique, car dans de nombreuses régions du monde, et au Brésil notamment, l’agrandissement des surfaces nécessaires à la production d’éthanol se fait au détriment des surfaces dédiées au pâturage. Celles-ci sont donc déplacées, souvent vers la forêt amazonienne, remettant en cause du même coup les bienfaits et les résultats de cette source d’énergie en termes de développement durable.

Si les biocarburants représentent aujourd’hui un débouché intéressant pour les agriculteurs, du fait notamment du contexte géopolitique international favorable, des cours pétroliers élevés, et des incitations fiscales de la part des gouvernements, ils ne constituent pas la panacée qui permettrait de sortir l’agriculture mondiale de l’impasse dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.
En effet, leur développement non régulé risque bien d’attiser la spirale de la pauvreté et de la famine déjà importante, d’accroître la volatilité des prix sur la plupart des matières premières agricoles de base, et de détourner l’agriculture mondiale de la première mission qui lui est assignée : nourrir les Hommes !


C’est pour cela qu’une gouvernance mondiale de l’agriculture est nécessaire, tout comme la construction des instruments qui permettront de réguler les marchés agricoles internationaux.
C’est l’objectif que se donne le MOMA à travers la construction du modèle NRA et de l’agence de notation NRA qui permettront de :

> Mesurer les coûts collectifs induits par la production de biocarburants, et notamment les conséquences environnementales
> Effectuer, pour chaque région, l’arbitrage optimal entre production à usage alimentaire et production à usage non alimentaire, pour éviter la situation que l’on a pu observer aux Etats-Unis et au Mexique.
> Agir pour les prévenir.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012