Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Les biocarburants recomposent le paysage agricole en Amérique latine.

15 septembre 2008



Portés par la récente flambée des prix du baril de pétrole, les biocarburants ont accusé un regain d’intérêt de la part d’un certain nombre de grands pays agricoles, en particulier en Amérique latine. Soucieux de renouveler leur stratégie énergétique, ils sont nombreux à avoir mis en place un programme d’accroissement de la production d’agro-carburants, à travers une politique de subventions et d’exonérations de taxes qui rendent l’investissement particulièrement attractif. L’Europe n’est pas en reste, ayant récemment confirmé l’objectif fixé par la Commission en janvier 2008 de porter à 10% la part des énergies renouvelables dans les transports.

Cette ruée vers le « pétrole vert » n’est pas sans soulever un certain nombre d’interrogations. Comme le souligne l’organisation non gouvernementale Friends of the Earth dans un rapport récent, l’augmentation de la production des biocarburants nécessite le plus souvent de convertir des surfaces actuellement consacrées à l’agriculture vivrière, ce qui pose la question des priorités que l’on veut donner à l’usage des terres agricoles : à l’heure où la faim dans le monde est toujours aussi prégnante, il est indispensable en effet de mesurer les conséquences des choix de politique agricole qui sont guidés par des intérêts énergétiques et financiers.

D’autant plus que rien ne garantit que la production de biocarburants continuera à être intéressante financièrement : si le pétrole continue de baisser au rythme observé ces derniers jours (-30% depuis début juillet), les biocarburants ne resteront attractifs qu’au prix d’une coûteuse politique de subvention et d’intéressement fiscal, ce qui ne manquera pas de soulever la question de sa légitimité. Notamment si les tensions qu’ils risquent de provoquer sur le marché alimentaire se confirment.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012