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Les biocarburants : entre espoirs et désillusions | 04 juin 2007 | Les biocarburants faisaient l’objet d’un quasi consensus jusqu’à une date récente. La production de carburants propres était censée répondre de manière satisfaisante quelles que soient les régions du monde à 3 défis majeurs : > diminuer la dépendance énergétique ; > réduire les émissions de gaz à effet de serre ; > fournir de nouveaux débouchés aux agriculteurs. Mais de nouvelles études environnementales et l’analyse de l’évolution récente des cours des marchés agricoles des derniers mois suscitent quelques doutes sur la capacité des biocarburants d’être à la hauteur des immenses espoirs placés en eux. Tout d’abord, le rendement énergétique des biocarburants est inégal. Les plantes les plus performantes ne poussent que sous certaines latitudes, et plus particulièrement sous les tropiques. C’est le cas de la canne à sucre (dont la valeur énergétique est le double de celle du maïs) pour l’éthanol et du palmier à huile pour le biodiesel. Dans certains pays (comme dans ceux de l’UE), le risque de mobilisation de vastes surfaces agricoles dédiées à la production de plantes, dont le potentiel énergétique est finalement faible, semble élevé. Certains spécialistes mettent en doute la logique économique qui consisterait à consacrer beaucoup d’énergie à travers l’usage intensif d’engrais – fréquemment issus des ressources fossiles et dont les cours sont orientés à la hausse – pour produire de l’énergie. Par ailleurs, la compétition entre productions à finalité alimentaire ou énergétique provoque des difficultés bien réelles car si les biocarburants représentent 1 % de l’énergie produite dans le monde, leur influence les marchés mondiaux de produits agricoles est autrement plus importante. La hausse des prix des tortillas au Mexique et le renchérissement de la bière en Allemagne tirent leur origine de cette concurrence. Enfin, l’expansion des biocarburants – tirée par les nouveaux objectifs fixés par certains responsables politiques – pourrait présenter des risques importants pour l’environnement. En effet, l’expansion de la culture de la canne à sucre provoquerait le déplacement des cultures de soja et des pâturages vers la forêt amazonienne. Les forêts primaires d’Indonésie et de Malaisie seraient volontairement incendiées au profit des plantations de palmiers à huile. A cet égard, la Commission européenne a lancé, le 30 avril dernier, une consultation publique sur les moyens de garantir la viabilité environnementale des biocarburants dans le but de préparer une directive-cadre sur les énergies renouvelables. La spécificité des marchés agricoles est donc parfaitement illustrée par le développement des biocarburants : les cours déjà extrêmement volatils peuvent l’être encore plus du fait de leur part dans la production agricole. Il est donc indispensable de réguler les marchés agricoles mondiaux et de construire des outils réalistes, performants et capables : > d’assurer un équilibre et d’arbitrer entre les productions à usage alimentaire et celles à finalité énergétique tout en harmonisant l’interpénétration de l’agriculture avec les autres secteurs de l’économie ; > de mesurer de manière exhaustive les conséquences (économiques, sociales et environnementales) de la production de biocarburants. Le modèle NRA vient donc à point nommé pour répondre à ces enjeux nouveaux. | |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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| | Paris, le mardi 22 mai 2012 |
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