Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Les agriculteurs japonais craignent une libéralisation rapide des marchés agricoles en Asie-Pacifique

22 Novembre 2010



Les grandes puissances économiques de la région Asie-Pacifique se sont réunies dimanche 14 novembre, à Yokohama au Japon, afin d’avancer dans la création d’une vaste zone de libre-échange qui concernerait les produits agricoles et industriels. Cependant cette ouverture ne fait pas l’unanimité dans les pays concernés.

Ainsi au Japon, 3000 agriculteurs sont descendus dans les rues de Tokyo afin de protester contre ce qu’ils considèrent être comme une politique néfaste. « Cette libéralisation va ruiner les exploitants », prédit Mamoru Moteki, président d’une fédération regroupant plusieurs coopératives agricoles. En effet, un accord de libre-échange impliquerait notamment le démantèlement des subventions versées aux agriculteurs japonais et les professionnels sont inquiets. Selon le ministère de l’Agriculture japonais, une libéralisation des échanges agricoles aurait des effets directs et rudes sur la filière : disparition des cultures de riz à 90%, rendements des productions de blé, sucre, viande et lait, sévèrement affectés, le tout pour un coût avoisinant les 49 milliards de dollars et 3,4 millions de pertes d’emplois.

Malgré tout, la plupart des agriculteurs japonais ont bien conscience que la libéralisation des marchés agricoles reste indispensable car elle peut être source d’innovation et de productivité. Ce qu’ils exigent simplement : du temps pour se préparer et s’adapter. « Nous savons que le Japon ne peut pas continuer à s’opposer à la libéralisation des marchés agricoles mais il faudrait d’abord réformer l’agriculture japonaise, cette libéralisation se fait trop soudainement », confie Koichiro Onda, un jeune agriculteur de 34 ans.

Les craintes des agriculteurs japonais reflètent bien la crise que traverse le secteur agricole dans les pays industrialisés. Avec la libéralisation des échanges, les agricultures nationales sont en pleine mutation car elles doivent être capables de s’intégrer dans un vaste marché commun où les structures de production et les politiques agricoles sont fortement hétérogènes. Pour éviter les tentations et les réflexes protectionnistes qui ne manqueront pas d’apparaître si la libéralisation est trop brutale, il est indispensable de :

    - Procéder à une libéralisation progressive des échanges via des politiques de transition spécifiques et adaptées aux caractéristiques nationales et régionales ;

    - Mettre en place des mécanismes de régulation adéquats pour optimiser les effets positifs de la libéralisation et en amoindrir les effets néfastes (volatilité des prix, etc..)

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012