Le 21 novembre dernier, plus de 200 000 agriculteurs espagnols (selon les organisations syndicales) sont descendus dans les rues madrilènes pour protester contre la baisse des prix et des revenus agricoles. Selon les trois organisations agricoles à l’origine de la manifestation, Asaja, Coag et Upa, les revenus agricoles auraient baissé de 26% en Espagne entre 2003 et 2008 ; les coûts de production, eux, auraient augmenté de 34%. Faisant suite aux manifestations d’agriculteurs qui avaient touché la France au mois d’octobre, les agriculteurs espagnols réclament de la même manière des prix justes, une régulation des marchés, une fiscalité adaptée, et un plan de financement de leur secteur. Certains n’hésitent pas à affirmer que le gouvernement de José Luiz Zapatero devrait faire ce qu’à fait le président Nicolas Sarkozy, en annonçant la mise en place d’aides et de prêts bonifiés pour l’agriculture. Au-delà de l’événement, il est frappant de voir à quel point les expériences se répètent : hier la France, aujourd’hui l’Espagne … qui sera le prochain pays à voir ses agriculteurs dénoncer leur situation ? Espérons qu’il ne faille pas attendre que les manifestations d’agriculteurs se propagent dans tous les pays européens pour que l’Union européenne prenne en main la situation par une réponse forte et adaptée. Car tous les agriculteurs sont confrontés aux mêmes problèmes : la volatilité des prix sur les marchés internationaux pousse de nombreuses exploitations à se retrouver de manière chronique sous leurs seuils de rentabilité. Il est donc nécessaire de mettre en place une politique de régulation adaptée, pour améliorer la situation des agriculteurs européens d’une part, mais également pour assurer la pérennité même de l’agriculture en Europe. Si la réaction des agriculteurs espagnols souligne la gravité de la situation, espérons que cette expérience soit utile au gouvernement espagnol, dont le pays assurera la présidence de l’Union européenne au premier semestre 2010. |