Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Les achats de terres accaparent l’attention des experts

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25 mai 2009



Suite à la récente crise alimentaire et en raison de la volatilité des prix des aliments notamment, le phénomène d’achat massif de terres agricoles s’est accéléré1. A la demande de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA), une nouvelle étude2 a été réalisée par l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED, Londres). Se basant sur des recherches de terrain dans 8 pays africains3, il souligne l’ampleur des transactions à grande échelle : en cinq ans, en Ethiopie, au Ghana, au Mali, à Madagascar et au Soudan, ce sont 2,41 millions d’hectares sur lesquels les investisseurs se sont rués. Les droits sur les terres sont très bas, rapporte l’étude : dans le nord du Soudan, le feddan (0,42 hectare) est loué entre 2 et 3 dollars par an ; en Ethiopie, l’hectare est évalué entre 3 et 10 dollars.

Sans condamner ces investissements, dont les répercussions peuvent être positives dans certains cas, le rapport alerte néanmoins sur les dangers de l’accaparement des terres. Car si ces transactions peuvent créer des opportunités (débouchés garantis, emplois, infrastructures, hausses de productivité agricole), elles peuvent aussi causer des dommages si les populations locales sont exclues des décisions et si leurs droits fonciers ne sont pas protégés, comme le souligne le rapport.

En effet, les perspectives de gains financiers à court terme, issus des opérations de transaction de terres entre les investisseurs et les gouvernements, ne doivent pas se faire au détriment de la sécurité alimentaire des populations locales, dont 70% d’entre eux sont paysans. Or, priver les agriculteurs de leurs terres n’est pas nécessairement la solution.

1 Cf. momagri, « La location des terres : un nouveau levier de développement pour les pays pauvres ? », 24 novembre 2008, http://www.momagri.org/FR/Regards-sur-l-actualite/La-location-des-terres-un-nouveau-levier-de-developpement-pour-les-pays-pauvres-_391.html
2 « Accaparement des terres ou opportunités de développement ? Investissements agricoles et transactions foncières internationales en Afrique », IIED, mai 2009.
3 Ethiopie, Ghana, Mali, Kenya, Madagascar, Mozambique, Soudan, et Zambie.

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Paris, le lundi 22 décembre 2014