Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Les Britanniques ne croient pas aux vertus régulatrices de la PAC

13 avril 2009



Le 30 mars, le Conseil franco-britannique1 a organisé à Londres un colloque sur le thème « Un ou des modèles agricoles européens ? ». Coprésidée par la Joyce Quin, ancienne ministre de l’Agriculture britannique, et par Marion Guillou, présidente-directrice générale de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), cette rencontre a rassemblé une quarantaine d’experts liés aux questions actuelles du monde agricole et de la ruralité dans les deux pays.

Malgré quelques points de convergence, notamment autour de la question du réchauffement climatique et de la nécessité de préserver la diversité des modèles agricoles européens, cette journée de débat a mis en lumière une divergence de vue de plus en plus profonde entre Français et Britanniques sur la PAC, d’après le journal spécialisé Agrapresse2.

Citant une synthèse des propos du colloque, d’après laquelle « la PAC apparait utile comme cadre de traitement des questions environnementales », le journal dénonce en effet l’approche exclusivement écologique de la politique agricole par les Britanniques qui, comme l’article le souligne, ont depuis longtemps fusionné les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. Par conséquent, la question des marchés et de leur régulation ne se pose même plus dans les esprits britanniques : le découplage des aides semble être devenu une réalité intangible et largement acceptée outre-Manche, de même que la non-intervention sur les marchés.

Cette prise de position n’est pas nouvelle, et le « libre-échangisme » britannique s’est toujours caractérisé par une opposition farouche aux mécanismes de régulation de la PAC. Néanmoins, le fait que la position britannique n’ait pas évolué aux regards des dernières évolutions du contexte mondial, et notamment sous le coup des très récentes crises alimentaire et financière, est plus inquiétant : cela prouve que, en dépit des signaux particulièrement forts envoyés par les échecs des marchés à s’autoréguler, beaucoup de chemin reste à faire avant de parvenir à un réel engagement concerté de la communauté internationale, qui permettrait la mise en place de mécanismes stabilisateurs.

1 Créé en 1972 à l’initiative du Président Georges Pompidou et du Premier ministre Edward Heath, le Conseil franco-britannique a pour vocation de renforcer les liens entre les deux pays en favorisant le dialogue entre des personnalités politiques, des hauts fonctionnaires, des économistes, des chercheurs et des journalistes dans des domaines aussi variés que l’économie, l’environnement, la défense ou la culture.
2 Agrapresse, « Pour les Britanniques, politique agricole égale politique environnementale », 6 avril 2009. Une version pdf de l’article est disponible sur le site du Conseil franco-britannique, à l’adresse suivante : http://www.conseilfrancobritannique.info/news.htm

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le jeudi 17 mai 2012