Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Les BRICS s’imposent sur la scène internationale

9 Avril 2012


Lors de leur 4ème sommet, qui s’est tenu à New Delhi le 29 mars dernier, les BRICS ont affiché leur volonté de renforcer leur coopération, à la fois économique et politique, afin de jouer un rôle plus important sur la scène internationale.

Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, qui représentent désormais plus de 40% de la population mondiale et le quart du PIB de la planète, ont ainsi énoncé leur position commune sur les principaux enjeux internationaux : stabilité financière, situation au Proche-Orient, changement climatique, mais également sécurité alimentaire.

Dans leur « Partenariat pour la stabilité, la sécurité et la prospérité globales »1, les BRICS ont en effet souligné que la sécurité alimentaire constitue à l’heure actuelle un défi absolument prioritaire, sur lequel la volatilité des prix agricoles fait peser un risque majeur. A ce titre, ils estiment essentiel de mettre en œuvre une régulation plus poussée des marchés agricoles et d’accroître la production et la productivité agricoles.

L’importance accordée par ces pays à l’agriculture révèle bien la dimension éminemment stratégique de ce secteur. Animés par la volonté de sécuriser leurs approvisionnements et de devenir de véritables puissances agricoles, ils ont initié des politiques actives visant à accroître leur production nationale, y compris en produits alimentaires transformés. En revanche, si certains se positionnent volontiers comme exportateurs, ils entendent faire preuve d’une gestion « maîtrisée »2 de leurs échanges et leurs marchés peuvent à tout moment se fermer.

Les progrès réalisés par ces pays démontrent bien que les objectifs fixés par la communauté internationale en termes d’accroissement de la production mondiale ne pourront être atteints que si les différents producteurs de la planète disposent, via des politiques agricoles efficaces et complémentaires, d’une visibilité suffisante, seule à même de favoriser la production en protégeant les agriculteurs de la volatilité des prix internationaux.

Espérons que ce renforcement affiché de la coopération entre BRICS constituera un élan positif vers une intégration plus poussée de la gouvernance agricole, d’autant plus que leurs propositions convergent avec celles émises dans le cadre du G20.

1 Cf. http://mea.gov.in/mystart.php?id=190019162
2 Parfois décidée de manière unilatérale, comme dans le cas de l’embargo de la Russie sur ses exportations de blé lors de l’été 2010.

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Paris, le mercredi 1 octobre 2014