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Le lancement d’un projet de zone de libre-échange (ZLE) réunissant une dizaine de pays riverains du Pacifique1 a été annoncé le 12 novembre dernier en marge du sommet du Forum de coopération économique Asie Pacifique (APEC). Totalisant plus de 500 millions de consommateurs, 35% du PIB mondial et le tiers du commerce international, le « Partenariat transpacifique » deviendrait la plus grande ZLE du monde.
Alors que les négociations visent à éliminer les droits de douane et les autres obstacles aux échanges de biens industriels et agricoles, les agriculteurs canadiens craignent que le système de gestion de l’offre en place depuis plus de trente ans ne soit menacé, malgré les garanties du gouvernement. Certains pays engagés dans les pourparlers voient en effet d'un très mauvais œil la politique agricole menée par le Canada. Une étude récente du Conseil canadien des chefs des entreprises estime d’ailleurs que le pays n'aura pas d'autre choix que d'abandonner ce système s'il veut être pris au sérieux dans les négociations.
Le Canada pourrait donc se retrouver d’ici peu dans une situation analogue à celle de l’Inde lors des dernières négociations de l’OMC sur le mécanisme de sauvegarde spéciale, en devant se décider à abandonner un mécanisme de régulation pour bénéficier d’une intégration régionale plus poussée. Or, les dernières années ont non seulement démontré face aux impacts liés à une libéralisation non régulée des marchés agricoles le système canadien a montré son efficacité pour limiter l’hypervolatilité des cours agricoles2.
Comme l’ont montré les échecs répétés des négociations de l’OMC sur des problématiques proches, ne serait-il pas temps de sortir de cette logique selon laquelle, pour intégrer une ZLE, un Etat serait obligé de démanteler les mécanismes de régulation corrigeant les défaillances des marchés alors qu’une libéralisation non régulée ne ferait qu’aggraver les déséquilibres ?
1 L'Australie, le Brunei, le Chili, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, le Vietnam, le Japon et le Canada
2 Cf article momagri du « La gestion de l’offre au Canada » : http://www.momagri.org/FR/temoignages/La-gestion-de-l-offre-au-Canada_932.html
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