Bien des experts l’ont prédit : le monde n’est pas à l’abri d’une nouvelle crise alimentaire. Il se pourrait bien que le printemps 2010, deux ans seulement après la crise alimentaire de 2008, leur donne raison.
En effet, comme l’a récemment souligné Olivier Longué, directeur général d'Action contre la faim Madrid, la branche de l'organisation non gouvernementale (ONG) opérant au Sahel, la famine menace. Les productions céréalières de 2009 ont en effet sérieusement diminué, en raison notamment de pluies erratiques : - 34 % au Tchad par rapport à 2008, - 31 % au Niger, - 10 % au Burkina Faso. Même si le Mali s'en sort globalement mieux (+ 10 %), le nord-est du pays est lui aussi touché.
D’après Oxfam, près de 10 millions de personnes pourraient ainsi être concernées au cours des prochains mois dans cette région du monde où 300 000 enfants meurent déjà chaque année de malnutrition.
Cette nouvelle crise, qui survient seulement deux ans après seulement la précédente, est l’illustration du malheur qui accable un certain nombre de pays en développement. Comment imaginer un développement de ces pays alors qu’ils sont régulièrement soumis à de graves crises alimentaires, qui déciment leur population. Pour y remédier, il est nécessaire de mettre en place plusieurs mesures. Entre autres, développer l’investissement dans ces pays afin de moderniser leur agriculture, pour la rendre moins sensible aux aléas climatiques, et stabiliser les marchés agricoles internationaux, dont l’hyper volatilité des cours aggrave dramatiquement la situation dans beaucoup de pays … |