Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Le secteur agricole restera pour la Chine
une priorité stratégique en 2014

3 Février 2014


La Chine est tel le roi Janus, elle offre deux visages de son Agriculture. A la fois géant agricole en tant que puissance commerciale, elle mesure pourtant chaque année un peu plus ses faiblesses structurelles face à une demande intérieure humaine et animale difficilement soutenable, face également à des habitudes alimentaires en mutation.

Importatrice nette de produits agricoles, comme le blé (selon certaines estimations l’année 2013 aurait propulsé la Chine au rang de premier importateur de blé au monde), mais aussi le lait, Pékin a également développé une politique d’achats de terres perçue comme inévitable en vue de relever son défi alimentaire.

Malgré ces dysfonctionnements, la Chine considère son secteur agricole comme éminemment stratégique en vue d’assurer à terme son autosuffisance alimentaire et de conquête des marchés internationaux. Dans cette optique, le 19 janvier dernier le Comité central du PCC a publié, pour la onzième année consécutive, son premier document politique de 2014, autour de quatre priorités : la réforme rurale, l’agriculture moderne et la sécurité alimentaire. Selon ce document, la Chine intensifiera la protection de l’environnement en zones rurales, le soutien politique et la protection de l’agriculture en encourageant la hausse continue des dépenses agricoles, les politiques de subventions financières pour l’agriculture et en mettant en place un mécanisme de compensation basé sur la différence des prix sur le marché. Par ailleurs, Pékin mettra fin en 2014 à sa politique de stockage de coton et de soja et optera pour une politique de subvention.

Le 16 décembre dernier, l'autorité chinoise de régulation des prix avait déjà annoncé qu'elle allait renforcer ses enquêtes contre les entraves à la concurrence, notamment dans le secteur agricole, afin de protéger les ménages les plus démunis. Pékin souhaite ainsi que la consommation intérieure devienne un moteur de la croissance chinoise, et entend renforcer les mécanismes de subvention afin de limiter les effets d'une hausse des prix sur les ménages les plus pauvres.

Une fois de plus, ce document confirme les orientations de la politique agricole chinoise autour de trois objectifs majeurs : développer le potentiel productif de son agriculture, améliorer la sécurité alimentaire de sa population, tout en assurant un état d’équilibre entre les populations rurales et urbaines. Pour les atteindre, la Chine a mis en place de nombreux programmes de soutien axés sur deux thématiques principales qui concentrent 85 % des aides versées : l’accroissement du potentiel productif national et l’amélioration du niveau de vie des agriculteurs.

Ainsi, minimes en 2001 au moment où la Chine entrait au sein de l’OMC, les soutiens internes en 2012 se chiffrent à 73 milliards USD (environ 461 milliards CNY). Ainsi que le révèle l’indicateur SGPA (Soutiens Globaux à la Production Agricole) de Momagri, au cours de la période 2005-2010, les soutiens globaux chinois à la filière agricole nationale ont crû de 138% (+606 milliards CNY), passant de 440,1 milliards CNY à 1045,7 milliards CNY, et depuis cette date ne cessent de croître.

La Chine renforce chaque année sa stratégie agricole de conquête de son autosuffisance alimentaire tant sur le plan intérieur qu’extérieur. Si cet objectif est difficilement estimable en termes d’échéance, il est certain que sa production agricole va poursuivre sa croissance tout en poursuivant son approvisionnement sur les marchés extérieurs, avec les risques de déséquilibres sur les marchés agricoles qu’une telle situation pourrait engendrer.


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Paris, le vendredi 17 novembre 2017