Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.

Le risque de défaut d’une agriculture surendettée

15 Mars 2010



D’après le dernier bulletin de France-Europe-Allemagne1, un hebdomadaire d’informations politiques agricoles et alimentaires, le président d’European Dairy Farmers, Harm Holman, aurait alerté sur le niveau d’endettement des éleveurs hollandais. Comme il le souligne, la part des coûts fixes a atteint 60% dans les élevages hollandais, et il y a des élevages qui sont même à 75% : avec un endettement de 2€ au kg de quotas laitiers, certains éleveurs « jouent à la roulette russe », selon ses propres termes, car ils risquent de se retrouver du jour au lendemain avec un endettement non soutenable lorsque les prix chutent…

La question de l’endettement des exploitations agricoles est un véritable défi. Beaucoup de producteurs laitiers français ont fait face à des difficultés très grandes lors de la dernière crise laitière précisément à cause de leurs niveaux de dettes, contractées lorsque les prix hauts leurs permettaient de moderniser leur exploitation. Mais avec une volatilité des prix exacerbée, comme elle s’observe sur le marché du lait et plus généralement sur les marchés agricoles internationaux, ce mode de financement de l’activité est très risqué… et peut accélérer les faillites des exploitations à chaque fois que les prix descendent en dessous d’un certain seuil.

Faut-il réglementer l’endettement des exploitations agricoles, de la même manière que le gouvernement américain a encadré les crédits à la consommation après la crise des subprimes ? Cela ne laisse pas beaucoup de place à la liberté d’entreprendre. Peut-être vaut-il mieux intervenir en aval, en encadrant la volatilité des cours sur les marchés agricoles, et limiter ainsi le risque de défaut. Il va de l’avenir même de l’agriculture européenne.

1 France-Europe-Allemagne n°189, 8 mars 2010, http://www.socopag.fr

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Regards sur l'actualité
Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mercredi 8 février 2012