Depuis quelques semaines, une vague de froid particulièrement rigoureuse s’est abattue sur l’hémisphère nord. Alors que plusieurs pays enregistrent des chutes de neige record, comme en Inde ou en Corée du Nord, mais également en Allemagne, Royaume-Uni, et en France, les conséquences pour l’agriculture sont importantes. Les fruits et légumes gèlent sur place, tandis que la collecte du lait est rendue impossible, notamment en Bretagne où les routes secondaires sont impraticables. A Miami, où la température est tombée à 0°C, les conséquences sur la production d’agrumes s’est déjà fait sentir, provoquant une flambée du cours du jus d’orange sur les marchés financiers : le contrat pour livraison en mars, le plus échangé, a frôlé mercredi 6 janvier les 1,50 dollar la livre, soit plus 15% par rapport aux prix de la semaine précédente. Cette situation, aussi préoccupante soit-elle, est intéressante à plus d’un titre. Car cette fois-ci, l’agriculture n’est pas le seul secteur à être affecté par ces conditions météorologiques relativement1 inhabituelles. Plusieurs journaux s’inquiètent de leurs conséquences sur l’économie : transports perturbés sur les routes, trafics aériens suspendus, livraisons retardées, chaines de production interrompues faute de pièces détachées livrées, interruption des chantiers dans le bâtiment – les exemples des perturbations économiques engendrées ne manquent pas. Mais si ces perturbations sont exceptionnelles pour les secteurs économiques secondaires et tertiaires, elles n’ont rien d’exceptionnel pour l’agriculture, qui doit depuis toujours composer avec les aléas climatiques. Le risque climatique est de fait partie intégrante de ce secteur, alors que les autres secteurs n’en prennent la mesure que dans des circonstances hors normes. Or, si les secteurs industriels devaient composer avec ce risque régulièrement, les perturbations engendrées deviendraient vite trop lourdes à gérer… Il est temps de prendre la mesure des risques qui pèsent sur le secteur agricole ; et les circonstances un tant soit peu inhabituelles leur donnent un certain relief. 1 Pour les météorologues, la froidure de cet hiver n’a en effet rien d’exceptionnel, d’après un article du journal Le Monde du 09/01/2010, « Pourquoi l’hémisphère Nord subit des vagues de froid ». |