Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Le revenu des agriculteurs est encore une fois le jouet du marché

15 décembre 2008



D’après la Commission Française des comptes de l’Agriculture, le revenu des agriculteurs français a reculé en 2008 de 15% par actif en moyenne, en raison de la flambée des charges des exploitations et de la chute de la plupart des prix à la production. Cette Commission, qui s’est réunie le 16 décembre pour examiner les comptes prévisionnels de l’agriculture française, a en effet souligné que, si les prix de l’ensemble de la produits agricoles ont augmenté en moyenne de 0,8% en 2008, en revanche les charges ont de leur côté progressé de plus de 10%.

Alors que la baisse du revenu des céréaliers (-37 %) est particulièrement impressionnante, il en est de même pour les éleveurs bovins (-32%) et ovins (-10%), ce qui plonge l’agriculture dans des perspectives inquiétantes.

La baisse du revenu des producteurs agricoles est la traduction de l’hyper-volatilité des prix agricoles, dans un environnement marqué par la suppression progressive des mécanismes de régulation. Dans ce contexte de difficultés accrues pour les exploitants agricoles, avec une tendance de prix des matières premières agricoles orientés à la baisse, il y a fort à parier que le gouvernement mette en place des plans d’aide d’urgence, come cela a déjà été fait par le passé. Or, ces politiques d’urgence se succèdent sans trouver de véritable solution à la crise du monde agricole. C’est pour cela qu’il est urgent non seulement d’approfondir la réflexion sur une politique agricole, mais également d’amorcer la mise en œuvre d’outils de régulation sans plus tarder, qui permette d’améliorer durablement la situation des agriculteurs, et économiser ainsi de coûteux et répétitifs plans anti-crises sans visée de long terme.

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Paris, le jeudi 23 octobre 2014