Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Le pétrole s’enflamme, les matières premières agricoles vont-elles chuter ?

28 Février 2011



Après la Tunisie et l’Egypte, c’est au tour de la Libye de connaître une vague d’insurrections sans précédent, sur fond de crise généralisée dans le monde arabe. Résultat : Alors que la Libye est l'un des quatre principaux producteurs de pétrole membre de l'Opep, les cours de « l’or noir » s’embrasent. Plus surprenant, les matières premières agricoles chutent au même moment.

Pour la première fois depuis 2008, le prix du baril a en effet dépassé la barre symbolique des 100 dollars. Au même moment, les prix de nombreux produits agricoles, notamment le blé, le maïs, le canola, le riz et le soja, ont connu leurs premiers retournements, qui pourraient être annonciateurs d’autres baisses dans le futur. Après avoir connu des hausses ininterrompues et régulières ces derniers mois, le blé a par exemple baissé de 15% et le maïs de près de 6%.

Pour certains analystes financiers comme Jonathon Driedger de la société de conseil canadienne FarmLink Solutions, cette baisse soudaine est liée à une dynamique de substitution entre les différentes matières premières dans les placements financiers : « la situation en Libye permet aux opérateurs de marché de prendre encore plus de risques ». En effet, il semblerait que les spéculateurs attirés récemment par les matières premières agricoles, aient réorienté leurs portefeuilles au profit des matières premières énergétiques, et notamment le pétrole.

On le voit, les marchés financiers sont de plus en plus « nerveux » et il est peu probable que cette situation ne s’apaise dans les prochains mois du fait de la conjonction de différents facteurs : les mouvements et arbitrages des spéculateurs entre les différents actifs, les choix mimétiques opérés par les producteurs agricoles du fait des flambées récentes observées sur certaines cultures1, les discussions en cours sur les modalités concrètes d’une régulation des marchés des matières premières dans le cadre du G20, sont autant d’aspects qui risquent de nourrir encore plus d’instabilité sur les marchés financiarisés.


1 Cf article Momagri ...
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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012