A l’heure actuelle en Inde, quelques 60 millions de tonnes de céréales sont stockées dans des entrepôts ou sous des bâches en plastique, à la merci des rongeurs, et 11 millions de tonnes ont été détruites par la mousson. Une information embarrassante qui confirme que les stocks alimentaires indiens sont conséquents et pourtant, la famine continue de faire rage. En effet, le pays est classé 66e sur 88 dans l’Indice Mondial de la Famine et 43,5% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition, contre 7% en Chine. Pourquoi la sécurité alimentaire indienne n’est-elle donc pas assurée ?
Malgré la révolution verte des années 1970 et la production nationale qui n’a cessé d’augmenter depuis des décennies, l’Inde est confrontée aux limites politiques et logistiques de son système : corruption, mauvaise gestion des stocks, infrastructures de mauvaise qualité qui empêchent un bon approvisionnement en denrées alimentaires. Enfin, rien n’a été fait pour régler le problème de la volatilité des prix, à la fois intérieurs et en provenance des marchés internationaux. Face à ces dysfonctionnements, le gouvernement actuel semble néanmoins avoir pris la mesure de l’urgence puisqu’il a décidé d’adopter une nouvelle loi d’ici la fin de l’année.
Une nouvelle positive mais qui ne doit pas faire oublier que la sécurité alimentaire n’est pas qu’une affaire intérieure pour les Etats, dans un contexte international de financiarisation des marchés et de globalisation des échanges. Aussi, parallèlement aux initiatives nationales, il est urgent d’initier un cadre commun de gouvernance et de régulation des marchés agricoles internationaux de manière à les stabiliser et à endiguer autant que possible, l’apparition de nouvelles crises. |