Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Le gouvernement britannique se félicite d’un accord commercial avec la Chine sur de l’orge

29 Février 2016


En 2015, la Grande-Bretagne a signé un protocole d’accord commercial d’exportation d’orge avec la Chine. Cet accord, négocié directement par le DEFRA (ministère britannique de l'agriculture) en collaboration avec l’organisme interprofessionnel britannique AHDB (céréales et graines oléagineuses), est estimé à 100 millions £ pour un volume qui tournerait autour de 750 000 tonnes d’orge par an sur les cinq prochaines années.

Exceptionnel par son ampleur, cet accord a été définitivement parachevé en novembre 2015 par Elizabeth Truss, secrétaire d'État à l'Environnement, à l'Alimentation et aux Affaires rurales, lors d’une mission commerciale en Chine composée d’une délégation de 80 entreprises agroalimentaires britanniques.

Côté chinois, il répond à une demande croissante du pays pour la production de bière et l’alimentation animale. Côté britannique, les exportations d’orge soutiennent une industrie qui « contribue à 103 millions £ à l’économie du pays, soit plus que l’industrie automobile et aérospatiale cumulées » précise le DEFRA dans un communiqué de presse diffusé en novembre 2015 à l’occasion de la signature de l’accord.

Voici une pratique commerciale pour le moins inhabituelle venant d’un Etat réputé non interventionniste et davantage tourné vers le laisser-faire des marchés, surtout en matière agricole. Pourtant, ce sont finalement plus de 600 accords commerciaux de ce genre, tous secteurs confondus, qui ont été initiés depuis 2010 par le gouvernement britannique. Le DEFRA souhaite par ailleurs poursuivre ces initiatives et envisage de nouveaux accords avec la Chine pour la viande bovine et ovine ainsi que l’a annoncé Elizabeth Truss en novembre 2015, évoquant un nouvel âge d’or des relations sino-britanniques1.

L’existence même de ces accords sur des produits agricoles avec des pays tiers, n’est en résumé que la preuve supplémentaire que la croyance dans la libéralisation absolue prônée par des accords internationaux et des pays pourtant réputés ultra-libéraux ne fait plus recette. La posture de Londres n’est finalement qu’un trompe-l’œil et révèle qu’il s’agit bien de la défense de son agriculture, en tant que vecteur d’influence et de puissance sur les marchés agricoles mondiaux dont il est question aujourd’hui.

Aujourd’hui, confrontés à l’hypervolatilité caractéristique des marchés agricoles mondiaux, les Etats sont de plus en plus conscients que le non interventionnisme n’est plus une option possible, surtout dans la mesure où les marchés ne s’autorégulent pas. Le besoin de stabilisation l’emporte aujourd’hui sur la croyance en l’efficience absolue des marchés. Des gouvernements comme celui de la Grande-Bretagne, sont de plus en plus enclins à accompagner leur agriculture et leurs agriculteurs, considérant l’importance stratégique et spécifique de ce secteur.


1 “Truss targets beef and land trade deal after China mission”, FG Insight, 18 november 2015

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Paris, le jeudi 23 novembre 2017