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Le Sénat souligne les dangers d'une financiarisation des marchés agricoles
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9 Mai 2011 |
Lors d'une table-ronde portant sur le thème de la volatilité des cours des matières premières agricoles et organisée par le Sénat le 27 avril, les intervenants ont pu faire le point sur la situation actuelle des marchés agricoles. Parmi les nombreux sujets abordés, ils ont notamment admis que ces marchés étaient de plus en plus financiarisés.
Lors cette table-ronde, étaient notamment présents les Sénateurs Jean Bizet et Jean-Paul Emorine, David Hallam, le directeur de la Division du commerce international et des marchés de la FAO, et Bernard Valluis, expert de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania). Tous ont souligné les risques liés à une financiarisation grandissante et mal contrôlée, notamment sur la volatilité des prix des matières premières agricoles.
Pour David Hallam, « les fondamentaux des marchés agricoles ont beaucoup évolué ces dernières années en raison de leurs liens de plus en plus étroits avec les marchés de l'énergie et de la finance ». En effet, « depuis 2004, des paniers de matières premières, mélangeant l'agriculture à d'autres secteurs, sont proposés aux investisseurs par les organismes financiers » a rappelé Bernard Valluis. Il en résulte une influence grandissante des cours des matières premières, et donc de leur volatilité, sur ceux des produits agricoles.
Mais comme l'ont souligné les intervenants, la financiarisation des marchés agricoles est également avivée par une nouvelle pratique en vogue sur les places financières : le « trading haute fréquence1» qui consiste à acheter et vendre des options de façon très rapide grâce à des algorithmes informatiques. Face à la volatilité extrême des cours des matières premières agricoles, cette pratique est de plus en plus pointée du doigt par les nombreux acteurs des marchés agricoles qui considèrent qu'elle accroît la volatilité structurelle existante sur ces marchés.
Si la financiarisation doit donc être maîtrisée, il ne faut pas non plus en conclure qu'elle doit être éliminée, car elle est utile aux marchés agricoles pour fournir des liquidités et opérer des transferts de risques. La plupart des experts, notamment aux Etats-Unis et en Europe, partagent aujourd'hui ce constat. Il est maintenant à espérer que les ministres de l'Agricultures des pays du G20 qui se réuniront fin juin à Paris, tenteront d'y apporter des solutions concrètes.
1 Cf. article momagri du 21/03/11 : http://momagri.org/FR/regards-sur-l-actualite/Matieres-premieres-agricoles-le-trading-haute-frequence-une-pratique-sous-surveillance_869.html |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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| | Paris, le mardi 22 mai 2012 |
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