Dans un Avis du 17 novembre dernier1, les sénateurs de la commission de l’Economie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire ont réaffirmé la dimension éminemment stratégique de l’agriculture française, à l’heure où les défis n’ont jamais été aussi grands.
Avec un excédent commercial s’élevant à plus de 9 milliards d’euros sur les dix premiers mois de l’année 2011, l’agriculture et l’agroalimentaire sont tout d’abord parmi les rares secteurs économiques à contribuer positivement à la balance commerciale française, structurellement déficitaire depuis plusieurs années.
Générant par ailleurs directement et indirectement 15% de l’emploi en France comme l’a souligné Xavier Beulin, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), l’agriculture est un secteur économique clé dans la lutte contre le chômage qui s’accroît du fait de la crise économique internationale.
La performance de l’agriculture française, aussi bien quantitativement que qualitativement, constitue ensuite un facteur important dans la lutte contre l’insécurité alimentaire mondiale. Face aux défis démographiques présents et à venir, et aux besoins alimentaires qui en découleront, toutes les agricultures mondiales seront sollicitées, et notamment celles qui jouent un rôle de premier plan sur les marchés internationaux comme cela est le cas de l’agriculture française.
Il est, dès lors, absolument essentiel de mettre en œuvre les politiques les plus adaptées, aussi bien au niveau régional qu’international, de manière à s’assurer que les différents secteurs agricoles pourront atteindre les objectifs ambitieux qui sont désormais les leurs.
Comme le souligne le rapport du Sénat, l’une des principales difficultés à laquelle sont exposées les différentes agricultures de la planète, et notamment européenne, reste la volatilité « structurelle » des prix des matières premières agricoles, « aggravée par la libéralisation […] et la financiarisation des marchés agricoles ».
C’est l’un des enjeux principaux de la réforme en cours de la Politique Agricole Commune (PAC), qui trouve écho dans la plupart des autres pays du monde à l’instar des Etats-Unis2, mais également des propositions du G20. Si les propositions aujourd’hui avancées constituent un signal positif du souhait des décideurs de renforcer la régulation sur les marchés agricoles, condition indispensable pour lutter durablement contre la volatilité des prix, il convient désormais de les traduire en actions concrètes. Les mois à venir seront donc d’une importance cruciale. Il serait paradoxal que l’Union européenne, dont la production agricole est aujourd’hui largement déficitaire, continue à ignorer les enjeux de sa propre sécurité alimentaire3.
1 http://www.senat.fr/rap/a11-111-1/a11-111-1_mono.html
2 Cf article momagri du 14/11/2011 « Faire plus avec moins » : le pari du futur Farm Bill » : http://www.momagri.org/FR/regards-sur-l-actualite/-Faire-plus-avec-moins-le-pari-du-futur-Farm-Bill_1007.html
3 Cf déclaration Haniotis
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