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Le Mozambique face au risque d’une nouvelle crise alimentaire |
20 Juin 2011 |
Le spectre des émeutes de la faim qui ont sévi en 2008 et 2010 n’est pas bien loin. Depuis quelques semaines, plusieurs organisations internationales et chefs de gouvernement tirent la sonnette d’alarme.
Le 4 juin, c’est le gouvernement du Mozambique qui a admis que le pays n’échappera sans doute pas à une crise alimentaire, redoutant une reprise des manifestations qui avaient provoqué la mort de 18 personnes et des centaines de blessés en septembre dernier, à la suite d’une augmentation des prix du pain et du riz. Comme d’autres pays d’Afrique sub-saharienne (République démocratique du Congo, Sénégal, Cameroun), le Mozambique est très dépendant des importations pour son approvisionnement en céréales : il importe la majeure partie de sa consommation en riz et en blé. Si les prix continuent d’augmenter, conséquence notamment de la sécheresse en Europe et en Amérique du Nord, de nombreux experts craignent la résurgence d’un scénario similaire à celui de 2010.
Cette situation démontre bien les limites d’un marché trop ouvert et les risques majeurs auxquels peuvent être exposés les pays en développement importateurs nets de produits agricoles en cas de brutale hausse des cours. Comme l’a rappelé Olivier de Schutter, Rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l’alimentation, la libéralisation totale des échanges ne conduira pas à une amélioration de la sécurité alimentaire dans les pays en voie de développement, bien au contraire. N’oublions pas en effet que l’une des principales spécificités de ces pays réside justement dans le fait que la majeure partie de ceux qui souffrent de la faim sont des agriculteurs.
Aussi, au-delà des nécessaires mesures conjoncturelles d’urgence à mettre en œuvre pour éviter une nouvelle crise alimentaire, il est indispensable d’engager des réformes structurelles permettant à ces pays importateurs nets de mieux s’insérer dans le commerce régional et surtout de développer leur agriculture, afin de réduire leur dépendance excessive aux importations de céréales. Une condition nécessaire à la sortie durable du Mozambique de l’insécurité alimentaire et du risque chronique d’émeutes de la faim.
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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| | Paris, le mardi 22 mai 2012 |
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