A l’heure où l’insécurité alimentaire menace de plus en plus de pays dans le monde, l’exemple du Malawi apporte une lueur d’espoir. Il y a trois ans seulement, ce petit pays d’Afrique australe était loin de l’autosuffisance alimentaire. Mais l’agriculture malawite a changé de visage après une grave famine en 2005 qui, affectant près de 5 millions de personnes (soit 40% de la population), obligea l’Etat malawite à importer 400 000 tonnes de maïs. Depuis, le gouvernement a changé de politique : faisant fi des préconisations des institutions internationales, il a mis en place un programme de subventions agricoles, destiné à favoriser l’accès de sa population aux semences et engrais. Deux ans plus tard, la production nationale de maïs atteignait 3,6 millions de tonnes, soit deux fois son niveau d’autosuffisance alimentaire, et le Malawi devenait exportateur net. Les excédents de production lui ont également permis d’être un des rares pays d’Afrique à prendre une part active dans la lutte contre la faim lors de la récente crise alimentaire ; il offrit sa contribution au PAM, ainsi qu’au Lesotho et au Swaziland, sévèrement affectés par la sécheresse et la hausse des prix. Aujourd’hui, le Malawi affecte près de 14% de son budget à l’agriculture (environ 106 millions d’euros), et compte parmi les rares pays d’Afrique à accorder la priorité à ce secteur. Aussi, non seulement la sécurité alimentaire du pays est aujourd’hui assurée, mais il affiche une croissance économique annuelle de 7%, qui est largement attribuée au secteur agricole. Le Malawi est un exemple de plus qui conforte l’importance stratégique de l’agriculture pour les pays en développement, mais également la nécessité de politiques agricoles actives pour en assurer le développement et lutter contre l’insécurité alimentaire. |