Le Forum Social Mondial, qui se déroule à Nairobi au Kenya, est centré sur les nombreux défis, démographique et liés à la sécurité alimentaire, qui guettent les pays en voie de développement (PED) et notamment africains pour le XXIème siècle. C’est pour cela que le Forum Social Mondial plaide en faveur d’un nouveau modèle de production agricole, capable de répondre à ces défis. Si l’Europe grâce à la PAC, tout comme des régions entières d’Asie et d’Amérique latine grâce à la « Révolution verte », ont pu créer les conditions d’une amélioration de la productivité agricole, et s’appuyer sur une agriculture performante comme vecteur de croissance, l’Afrique n’a pas connu une semblable évolution. La majorité des politiques préconisées par les grandes institutions internationales se sont soldées par des échecs cinglants, et l’accumulation de facteurs défavorables (crises climatiques répétées, nature des sols et faiblesse des Etats) ont conduit à une situation alimentaire catastrophique. En 2004, la FAO estimait que la productivité agricole était insuffisante pour assurer l’autonomie alimentaire de près de 39 pays de l’Afrique subsaharienne ! C’est pour cela que le MOMA se félicite de la stratégie envisagée par le Forum Social Mondial de placer l’agriculture comme le principal levier de développement des pays africains, et donc de plaider en faveur d’un nouveau modèle de production agricole. Ces préoccupations rejoignent en effet les positions défendues par le MOMA. Depuis sa création en décembre 2005, il démontre qu’il n’existe pas de modèle unique de développement, ou de « one best way » que l’on pourrait appliquer uniformément à l’ensemble des agricultures du monde sans tenir compte des particularités régionales. Une telle stratégie soumettrait les pays les plus fragiles à une concurrence internationale qui affecterait leur sécurité d’approvisionnement et les enfermerait dans une situation dramatique. Mais le succès d’une telle stratégie demeure soumis à deux conditions. Premièrement, une politique ambitieuse d’investissements : programme d’irrigation, développement des infrastructures, organisation des filières, est impérative, afin que les pays africains puissent être compétitifs et avoir accès au marché international. Deuxièmement, l’instauration d’un certain degré de protection douanière est nécessaire pour permettre aux paysans africains de se développer et d’approvisionner leur marché national et régional. Il s’agit d’un sujet vital qui constitue la première étape d’une accession équitable au commerce mondial. |