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Une nouvelle fois, le Brésil a modifié sa loi pour tenter de limiter l’ingérence des « spéculateurs » étrangers souhaitant acquérir des terres agricoles sur son territoire.
Un nouveau décret a en effet été signé par le Procureur Général de la République Luiz Inacio Adams, qui vient compléter la loi déjà adoptée à l’été 2010. Ce décret vise notamment à empêcher les non-brésiliens d’acheter des parts dans les entreprises possédant des terres agricoles au Brésil. Un moyen supplémentaire mis en place pour empêcher les « spéculateurs » de contourner la loi actuelle qui leur interdit simplement l’achat de terres.
« Nous devons faire la différence entre d’un côté les spéculateurs et les fonds souverains qui constituent une menace à notre sécurité alimentaire, et de l’autre, les investisseurs étrangers qui arrivent avec de bons projets », a déclaré le ministre de l’Agriculture Wagner Rossi dans un récent entretien au Financial Times. Aujourd’hui, les non-brésiliens possèdent près de 1,8 millions d’hectares de sol arable brésilien et selon le gouvernement, ces achats ont augmenté de près de 11,5% depuis 2008.
L’attitude du Brésil est révélatrice de l’impasse dans laquelle mène un libre-échange non régulé. En effet, même pour un nouveau « géant agricole », qui ces dernières années, a largement gagné à la libéralisation des échanges agricoles, il est aujourd’hui question de mieux réguler. Rappelons que dans sa volonté de dynamiser son secteur agricole, l’ancien gouvernement social-démocrate avait facilité l’apport de capitaux agricoles étrangers, permettant à des entreprises étrangères de prendre le contrôle de milliers d’hectares de terres brésiliennes.
Aujourd’hui, il semblerait donc que le Brésil adopte un double discours, entre d’un côté sa volonté affichée de libéraliser les échanges agricoles internationaux de manière à accroître le volume de ses exportations ; de l’autre, sa prise de conscience récente de la nécessité de protéger son marché intérieur d’un afflux massif et non contrôlé des investisseurs à court terme. Entre ces deux postures, la meilleure solution ne serait-elle pas pour le Brésil d’opter pour une approche mixte, celle d’un libre échange régulé ?
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