Thomas Boni Yayi, le Président du Bénin, a mis en place en mars dernier un plan de relance économique centré sur l’agriculture.
Partant du constat que 70% de la population béninoise vit, directement ou indirectement, de l’agriculture, le gouvernement a lancé un plan stratégique pour 2011-2016, visant à accroître la productivité et l’emploi dans le secteur agricole. Ce programme prévoit notamment de développer les infrastructures, d’accroître la mécanisation de l’agriculture et de renforcer les filières.
Cette initiative s’inscrit dans le contexte plus global de remise en cause des choix politiques qui avaient prévalu dans les années 1980 et 1990 et conduit, comme le regrettait Ibrahim Coulibaly dans un article précédemment publié1, à un désinvestissement massif des Etats et des organisations internationales dans l’agriculture.
Ainsi, alors que l’agriculture contribue pour 30 à 40% du PIB des Etats africains, les investissements publics sont passé de 6.4% en 1980 à 4.5% en 2002, et la part de l’aide au développement consacré aux investissements agricoles a chuté de 26 à 4% sur la même période.
Depuis les années 2000, et surtout à partir de la crise alimentaire de 2008, un certain nombre d’initiatives ont néanmoins été prises pour inscrire l’agriculture au premier rang des priorités nationales et internationales. En 2003 à Maputo, les chefs d’Etat africains se sont engagés à allouer 10% de leurs ressources budgétaires à l’agriculture, tandis qu’un programme de croissance centré sur la promotion de l’agriculture a été lancé en 2002. A l’échelle internationale, le G20 sous Présidence française a consacré pour la première fois en 2011 un Sommet à l’agriculture.
Aucun Etat du monde, à l’exception des Etats rentiers pétroliers, n’a pu initier un processus durable de croissance économique sans le développement préalable de son agriculture. S’il est donc indispensable que les pays en développement, notamment africains, axent leur politique économique sur ce secteur stratégique, il faut impérativement que la gouvernance internationale mette en place les conditions les plus favorables à son développement et à son intégration régionale.
1 Cf « On n’a pas de droit de nous dire qu’on mangera quand on sera compétitif », http://momagri.fr/FR/temoignages/-On-n-a-pas-de-droit-de-nous-dire-qu-on-mangera-quand-on-sera-competitif-_1030.html
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