Jeudi 22 avril, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a annoncé le lancement d’un « programme global pour la sécurité agricole et alimentaire », destiné à lutter contre la malnutrition chronique dont souffre plus d’un milliard d’êtres humains. Si le programme fait suite aux engagements du G8 pris en 2009 à l’Aquila (Italie), il n’est pas étonnant que l’annonce ait été faite dans les locaux de l’administration américaine, qui a toujours accordé à l’agriculture et l’alimentation un rôle à la hauteur de ses enjeux stratégiques.
Placé sous la supervision de la Banque mondiale, le programme réunit à l’heure actuelle quatre pays (Etats-Unis, Canada, Espagne, Corée du Sud), qui ont promis d’y allouer 880 millions de dollars. La Fondation Bill et Melinda Gates participera également au programme, en apportant plus son expertise (l’organisation caritative a déjà consacrée 1,5 milliard de dollars au développement agricole), qu’un financement (la Fondation apportera 30 millions de dollars).
D’après le fondateur de Microsoft, pour qui la sécurité alimentaire est l’urgence mondiale prioritaire juste après la santé, le programme s’adressera en priorité aux petits producteurs, dont dépend directement la subsistance de la moitié de la population mondiale. La création de ce fonds et les orientations qui lui sont assignés sont une bonne nouvelle dans le combat de la communauté internationale contre le fléau de la faim dans le monde. Espérons que ce programme prouvera son efficacité, et pourra réorienter l’action de la communauté internationale en la matière, qui a jusqu’à présent mis l’accent sur les agriculteurs à plus fort potentiel, c’est-à-dire ceux qui ont déjà un certain niveau de productivité1.
1 Cf. momagri, « La communauté internationale se trompe de cible dans la lutte contre la faim », 3 mai 2010 |