Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Lait : une ébauche illusoire de sortie de crise?

23 novembre 2009



Mi-novembre, le groupe laitier Entremont Alliance a fixé le prix du lait à 262 euros les 1000 litres pour le quatrième trimestre, faisant souffler un vent de soulagement dans la filière laitière bretonne. Soit 19€ de plus que le prix initialement proposé de 243 euros, qui avait provoqué la colère des éleveurs ; mais toujours 10€ de moins que leurs revendications.

Alors que des quelques timides signes de redressement des prix s’amorcent sur les marchés internationaux du beurre et du lait, ce récent accord donne des perspectives positives quoique timorées face à la crise que traversent les éleveurs laitiers. Toutefois, ne nous leurrons pas : outre le fait que le prix convenu reste insuffisant de l’avis des producteurs bretons, cet accord ne sonne pas pour autant la fin de la crise.

A la première rechute des prix, le cycle infernal peut en effet reprendre, plongeant une fois de plus les éleveurs dans une situation critique. Rappelons que les groupes industriels se sont en effet distingués depuis le début de la crise qui affecte la filière par la fermeté de leurs positions : en octobre 2008, ils avaient été les premiers à baisser le prix du lait payé aux producteurs de 15% ; et le 1er décembre dernier, lorsqu’industriels, coopératives et producteurs de lait sont parvenus à un accord sur l’orientation du prix du lait, certains ne voulaient appliquer l’accord qu’à partir du mois de janvier, avant de se raviser sous la pression des producteurs. Aussi, il y a tout lieu de croire qu’en cas de retournement du marché, l’accord passé avec les producteurs laitiers sera remis en question.

C’est pourquoi il est indispensable que des mesures de régulation structurelles accompagnent ces mesures conjoncturelles, car elles seules pourront apporter une solution durable à la crise que traverse la filière et en règle générale l’agriculture. C’est maintenant qu’il faut y réfléchir – avant que le redressement des cours donne l’illusion de la fin de crise et démobilise les décideurs politiques.

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Paris, le jeudi 2 octobre 2014