La crise de la filière laitière, qui fait depuis quelques jours la une de l’information, est loin de trouver sa solution. Le dernier accord trouvé, obtenu à l’arraché dans la nuit du 3 juin après une négociation marathon et une pression politique sans précédent, laisse les producteurs particulièrement insatisfaits, mais également les industriels, d’après Agrapresse1. Cet accord prévoit trois prix moyens sur 2009 selon que l’entreprise de collecte a une part plus ou moins grande de produits industriels dans sa valorisation. Le niveau le plus haut envisagé est fixé à 280€/1000 litres, tandis que le plus bas est à 262€/1000 litres ; aucun ne couvre le coût de revient des éleveurs. Un niveau très éloigné des 330€/1000 litres du premier semestre, et à plus forte raison des 380€/1000 litres réclamés par le président du Modef, la Confédération nationale des syndicats d’exploitants nationaux. Même la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), qui s’était déclarée prête à descendre jusqu’à 290€/1000 litres, refuse de descendre aussi bas. Et ce ne sont pas les 30 millions d’euros, débloqués en urgence par le ministère de l’Agriculture pour accompagner l’accord, qui permettront aux éleveurs laitiers en difficulté de compenser leurs pertes financières. Tout laisse à croire que la filière laitière est loin d’avoir trouvé l’accord qui la sortira de l’ornière dans laquelle elle est embourbée. Peut-être que, comme l’a récemment affirmé le ministre de l’Agriculture Michel Barnier sur RMC-Info/BFM-TV le 28 mai, il est temps de « rebâtir un système de régulation ». « Je ne me résous pas, je ne me résoudrai jamais (...) à ce que on livre l'agriculture en général, le lait en particulier, à la seule loi du marché », a-t-il déclaré. « Il faut une gouvernance européenne. Il faut d'une manière ou d'une autre préserver un système de maîtrise de la production laitière. » Si ce dernier système n’est pas nécessairement la meilleure solution à la crise, la situation actuelle démontre l’urgence de passer à l’action, afin d’apporter des réponses structurelles pour stabiliser les marchés laitiers, et plus généralement agricoles. 1 Agrapresse, « Un accord politique déjà fragilisé », 08/06/2009. |