Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La volatilité des marchés agricoles :
un sujet d’inquiétude pour tous

10 Mars 2014


Les pays du Proche-Orient et de l’Afrique du nord (zone MENA) sont sous les feux des projecteurs depuis quelques mois. Les initiatives ne manquent pas en vue de mieux lutter contre l’insécurité alimentaire, l’hypervolatilité des prix, et d’accroître la gouvernance et la coopération régionale et internationale.

Après la conférence d’Alger fin novembre dernier, s’est tenue, fin février, la 32e Conférence régionale de la FAO à Rome, visant à renforcer la coopération dans la zone MENA pour mieux affronter les enjeux critiques de sécurité alimentaire. Parallèlement, à Rabat, a eu lieu du 25 au 26 février, une conférence internationale sur la volatilité des prix des produits alimentaires organisée conjointement par le département des études du Fonds monétaire international (FMI), l'OCP Policy Center1 et le Center for Technology and Economic Development de l’université de New York.

Cette conférence traduit l’enjeu que représente la fluctuation erratique des marchés agricoles. Un enjeu qui dépasse aujourd’hui largement les murs des organisations internationales et des réunions de la FAO, du G20 ou de la Banque Mondiale. Car les gouvernements sont de plus en plus nombreux à considérer l’importance d’une meilleure visibilité et régulation de leur marché agricole dans un contexte turbulent et incertain, notamment depuis la crise de 2008.

Comment assurer sa propre sécurité alimentaire et se prémunir des risques endogènes et exogènes de manière autonome sans subir les décisions arbitraires d’Etats étrangers ou les fluctuations des marchés ? Une soixantaine d’experts ont participé à ce workshop et se sont ainsi penchés sur le phénomène de la volatilité des prix pour tenter d’y apporter une réponse fiable et adaptée aux enjeux de la zone du bassin méditerranéen. Une zone « hyperdépendante » notamment des importations céréalières.

Des experts comme le professeur Pinstrup Andersen de l’Université de Cornell ont ainsi soulevé l’urgence pour les gouvernements de prendre en compte l’importance de la lutte contre l’insécurité alimentaire, qui passe par une lutte contre la volatilité des marchés agricoles, dans la mesure où ses conséquences socio-économiques et politiques sont réelles. Jomo Sundaram, assistant du Directeur général pour le développement économique et social à la FAO a par ailleurs soulevé que ce phénomène incombe aussi à une déréglementation économique et à une minimisation de l’intervention étatique dans le domaine de l’agriculture.

En effet, force est de constater que depuis une cinquantaine d’années les marchés agricoles ont profondément évolué, et il est urgent que les mécanismes et les politiques de régulation mis en œuvre en fassent autant.


1 Un think tank nouvellement créé par le Groupe OCP (groupe marocain, un des leaders mondiaux du phosphate et de ses produits dérivés).


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Paris, le samedi 18 novembre 2017