Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La sécurité alimentaire mondiale invitée d’honneur à Milan

24 Février 2014


En 2050, l’humanité comptera plus de 9 milliards d’individus, soit 2 milliards de plus qu’en 2013. Les experts de la FAO estiment que la production alimentaire mondiale, pour répondre à ces nouveaux besoins, devrait augmenter de 3 % par an d’ici 2030, alors que le rythme actuel dépasse à peine les 2%.

Cet enjeu crucial que représente la sécurité alimentaire mondiale sera le thème en 2015, du 1er mai au 31 octobre, de l’exposition universelle de Milan intitulée « nourrir la planète, énergie pour la vie ». L’occasion de mettre sur le devant de la scène politique et médiatique les questions agricoles et alimentaires. Les Nations Unies, la FAO et l’Union Européenne seront présents. La France quant à elle sera également un participant actif de cette 65e exposition universelle. Son projet de pavillon reposera ainsi sur quatre piliers :
    - Contribution à l’autosuffisance alimentaire mondiale en participant à l’approvisionnement des pays aujourd’hui déficitaires,
    - Faire face au défi du « produire plus » et « produire mieux »,
    - Aider les pays en développement à améliorer leur capacité d’autosuffisance Alimentaire,
    - Allier qualité et quantité des produits alimentaires.
Mais le projet du Pavillon France va plus loin et considère que les fluctuations des cours mondiaux et la dérégulation des échanges internationaux constituent également de facteurs venant entraver l’accès à la nourriture. Par ailleurs, si les échanges internationaux sont une nécessité, ils doivent être accompagnés de dispositifs de régulation destinés à assurer la sécurité alimentaire des populations. C’est ainsi que le dossier de présentation du projet de pavillon citent Marion Guillou et Gérard Matheron :

« Il est dans l’intérêt collectif de limiter les fluctuations excessives des cours des produits agricoles, qui sont pénalisantes aux deux extrémités : à la hausse, ce sont les populations pauvres qui souffrent; à la baisse, ce sont les agriculteurs qui peinent et ne peuvent plus investir ».

Les canons et les théories utilisés hier sont aujourd’hui inefficients dans un monde globalisé et en constate mutation. Il est ainsi primordial de rappeler que l’Agriculture est spécifique et stratégique et qu’à ce titre considérer la sécurité alimentaire comme un bien public mondial1 est primordial. La France s’est ainsi engagée de manière constante en faveur d’une meilleure gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire, notamment dans le cadre du G20 et de la FAO. Cependant, ainsi que le rappelle Jacques Carles, délégué général de momagri, un Bien Public Mondial ne le devient réellement que le jour où l’on a créé les conditions pour qu’une coopération internationale puisse le gérer avec des instruments adaptés. On reste sinon dans l’invocation, la théorie ou l’idéologie qui sont le handicap permanent des négociations internationales depuis des décennies.


1 Par Bien Public Mondial nous entendons « un bien qui doit être géré collectivement, à l’échelle internationale, et selon le principe de subsidiarité, c’est-à-dire tout domaine d’action qu’une gouvernance mondiale peut mieux gérer qu’une gouvernance nationale ou bien sous régionale ».

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Paris, le lundi 25 septembre 2017