Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La sécurité alimentaire dans le Golfe

29 Octobre 2012


Du 6 au 8 novembre prochain une conférence internationale sur la sécurité alimentaire aura lieu dans le Sultanat d’Oman. L’occasion de se pencher sur l’enjeu que représente la sécurité alimentaire pour les pays du Golfe.

Ces pays de la péninsule Arabique, qui regroupent plus de 40 millions de personnes, importent plus de 80% de leur nourriture. L’une des raisons majeures tient au fait que la production agricole est contrainte par le manque de ressources en eau. La raréfaction de ces ressources, objet de toutes les inquiétudes, pousse les dirigeants de ces Etats à réfléchir à des alternatives.

La problématique de la sécurité alimentaire dans le Golfe a pris de l’importance en 2007/08, au moment de l’envolée des prix des matières premières agricoles et alimentaires associée à une restriction massive des exportations de leurs partenaires commerciaux, dans un contexte de hausse de la demande intérieure.

Les gouvernements de la région du Golfe ont alors cherché à diversifier leur programmes de sécurité alimentaire en attribuant des subventions agricoles, en constituant des stocks stratégiques et en investissant dans l’agriculture là où il y a des terres, c'est-à-dire à l’étrange. Ils mènent une stratégie tous azimuts de location ou d’achat de terres (on songe notamment aux concessions agricoles en Ukraine, au Pakistan ou encore au Soudan…). Mais ces stratégies, aujourd’hui contestées par les habitants des pays « hôtes », s’avèrent souvent insuffisantes.

Les tensions actuelles sont telles que l’Arabie Saoudite, afin de préserver ses ressources en eau, a interdit depuis le 17 septembre dernier les exportations de sa production agricole de plein champ (pommes de terre et autres légumes) vers ses partenaires régionaux (les Emirats Arabes Unis, le Koweït et le Qatar) qui craignent désormais un tarissement de leur approvisionnements agricoles.

A l’heure où les cours menacent de se retourner et que l’hypervolatilité des prix, aggravée par des facteurs conjoncturels (aléas climatiques, menaces épizootiques…), déstabilisent les équilibres mondiaux, assurer dans la durée la sécurité alimentaire par le biais de politiques adaptées est primordial. A l’image des puissances occidentales qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en hydrocarbures auprès des pays producteurs comme ceux du Golfe, ces derniers prennent conscience aujourd’hui de l’enjeu que représentent l’agriculture et la sécurisation de ses approvisionnements agricoles. Ainsi l’agriculture est en passe de devenir un secteur géostratégique majeur au même titre que le secteur pétrolier. Il n’est pas interdit de penser que des partenariats gagnant-gagnant puissent se dessiner entre pays producteurs de pétrole et de nourriture…
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Paris, le jeudi 24 juillet 2014