Une souche virulente du parasite de la rouille noire1 qui s’attaque notamment au blé vient de faire son apparition en Iran. Cette souche, signalée pour la première fois en Ouganda en 1999, s’est par la suite répandue au Kenya en 2001, en Ethiopie en 2003 puis au Yémen en 2007, causant de lourdes pertes pour les agriculteurs de ces pays. En 1974, Les Etats-Unis avaient déjà subis d’importants dégâts puisque 40% de la récolte de blé avait été détruite. Selon la FAO, « la détection du champignon de la rouille du blé en Iran est très préoccupante, car sa progression pourrait rapidement compromettre la production de blé dans les pays à risque ». Une analyse partagée par Yvan Sache, spécialiste des rouilles du blé à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), pour qui la menace est d’autant plus inquiétante que « 80% des variétés de blé cultivées dans le monde sont sensibles à cette souche ». Le risque est donc important de voir ce parasite atteindre les grands Etats céréaliers de la région comme l’Afghanistan, l’Inde, le Pakistan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan ou le Kazakhstan qui représentent à eux-seuls 20% de la production mondiale de blé. Des solutions existent, notamment l’utilisation de variétés de blés plus résistantes, et certaines recherches sont actuellement en cours comme celles menées par le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA) et le Centre international pour l’amélioration du mais et du blé (CIMMYT) dans le cadre du projet Global Rust Initiative (GRI). Toutefois, l’accès à de telles variétés est souvent difficile pour un certain nombre de pays en développement. Sans jouer les Cassandre, une chose est sure : les incertitudes liées à la propagation de la rouille noire s’accompagneront de fortes tensions sur le marché du blé, et ils joueront comme facteur aggravant de la volatilité, déjà forte, des cours du blé…d’autant plus que les stocks mondiaux ne cessent de diminuer. 1 La rouille noire, également connue sous le nom de Puccinia graminis, est un parasite qui provoque chez les céréales l’apparition de pustules et brise l’épiderme de la tige des plantes.
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