Face à la forte dégradation des cours dans le secteur laitier, le Commission européenne a décidé le 15 janvier de réintroduire les restitutions à l’exportation, prenant le contre-pied de la logique de dérégulation qu’elle défendait jusqu’alors. Sous la pression d’une offre mondiale en hausse et du ralentissement de la demande1 (les prix ont diminué de 50% en moyenne en un an), Mariann Fischer Boel, la Commissaire européenne à l’agriculture, a décidé d’ « agir immédiatement en faveur d’une relance rigoureuse », comme elle l’indique dans un communiqué. Les restitutions à l’exportation, qui viennent compléter le retour des achats publics de produits laitiers annoncés en novembre dernier par la Commission, prévoient que l’Union européenne verse aux exploitants la différence entre les prix en vigueur en Europe et ceux, plus bas, sur les marchés mondiaux. Ces mesures signent le retour des mécanismes d’intervention traditionnels, et vont à l’encontre du mouvement de dérégulation initié par le bilan de santé de la PAC. Nous devons espérer que cette prise de conscience de la Commission européenne, dictée par la nécessité d’un secteur en crise, se fasse également pour l’ensemble des secteurs agricoles en cas de nécessité, même si les déséquilibres sont à ce jour moins marqués. Une fois de plus, la filière laitière est un « cas d’école » : n’attendons pas des situations de crise caractérisées pour définir des politiques de régulation adaptées. 1 Cf. momagri, « La scandale chinois fait bouillir le lait français », 12 janvier 2009 |