Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La question agricole et alimentaire toujours
au cœur des préoccupations de Dacian Ciolos

19 Octobre 2015


« C’est qu’il n’y a pas de question plus importante que celle de l’alimentation. Chaque jour elle se dresse aussi impérieuse, aussi absorbante que la veille, à des multitudes. Il faut chaque matin la résoudre ou pâtir ou périr1. » C’est avec cette citation liminaire, que Jean-Louis Rastoin, Professeur émérite à Montpellier SugAgro, directeur de la Chaire Unesco en Alimentations du monde et membre de l’AAF, a présenté le thème de la séance du 7 octobre organisée par l’Académie d’Agriculture de France en partenariat avec la Société française d’économie rurale (SFER). « Institutions, science, marché, société civile et sécurité alimentaire », comment ces différents leviers s’articulent et s’influencent mutuellement ?

Pour y répondre, un invité que l’on entend – que trop – peu. L’ancien commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos. Nommé le 1er juillet conseiller spécial sur la sécurité alimentaire du Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, Monsieur Ciolos s’intéresse en particulier sur la façon dont l’Union européenne peut contribuer à ce défi.

Pour lui, si la sécurité alimentaire est un objectif qui fait consensus, un accord international sur une vision commune de mise en pratique reste difficile à atteindre. En effet, pour les institutions internationales, celles des Nations-Unis mais également pour le G20 et l’OMC, le défi alimentaire est un enjeu de plus en plus structurant. Dacian Ciolos est ainsi revenu sur les facteurs qui ont contribué à aggraver la sécurité alimentaire notamment la volatilité des marchés. L’ancien commissaire appelle ainsi à instaurer une coordination renforcée allant des acteurs locaux aux institutions internationales, basée sur une meilleure cohérence et plus d’innovation dans l’action publique. Il regrette à ce titre le manque d’influence institutionnelle et politique de l’Union européenne alors qu’elle est pourtant le principal bailleur de fonds dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Momagri rejoint cet avis de Dacian Ciolos. Pour notre think tank le renouvellement de la gouvernance mondiale en matière d’agriculture et de sécurité alimentaire doit constituer l’une des colonnes vertébrales de la coopération internationale. Est-il encore possible d’espérer que la Commission européenne face preuve d’une même clairvoyance ?


1 Elie Reclus, le Pain, 1909


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Paris, le vendredi 17 novembre 2017