De plus en plus de producteurs américains d’éthanol, une des deux grandes filières de production des biocarburants, sont menacés par la faillite. En octobre déjà, Gateway Ethanol ainsi que plusieurs autres petits producteurs mettaient la clé sous la porte. Le 31 octobre, c’était au tour de VeraSun Energy Corp, la principale entreprise cotée productrice d’éthanol des Etats-Unis (14 distilleries) qui sollicitait la protection de la loi américaine sur les faillites. Et les deux autres grands producteurs d’éthanol cotés, Aventine Renewable Holdings et Pacific Ethanol, ne parviennent à préserver leurs marges que grâce à un contrôle drastique de leurs coûts, et l’ajournement des investissements initialement prévus au premier semestre 2009. Trois raisons sont à l’origine du déficit de rentabilité du secteur d’éthanol : l’excès de la production d’éthanol, la flambée du prix du maïs, principal ressource utilisée dans la production d’éthanol, et la baisse récente des cours du pétrole, qui n’incite pas à la consommation d’éthanol. Aussi, il apparait que les producteurs d’éthanol, tout comme les producteurs de produits alimentaires, sont soumis à la même loi : l’hyper-volatilité des prix des produits de base qui accroît l’incertitude des producteurs quant aux quantités qui seront finalement produites et vendues. En outre, la consommation d’éthanol est totalement dépendante du niveau des prix du pétrole. La production de biocarburants ne constitue donc pas, comme cela a été avancé à de nombreuses reprises, l’unique remède à l’hyper-volatilité des prix et des revenus des agriculteurs. Des actions complémentaires doivent donc être menées en amont au travers de politiques agricoles de régulation adéquates. |