Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

La prochaine crise mondiale sera alimentaire

12 Octobre 2015


« Oubliez la crise du crédit et du pétrole, la nouvelle crise mondiale est alimentaire - et nous allons en entendre parler beaucoup plus à l'avenir » a dernièrement expliqué le professeur Paul Moughan de l'Université Massey en Nouvelle-Zélande. Et pour cause, nous serons 9 milliards d’individus d’ici à 2050 et 11 milliards en 2100 si l’on se fie aux dernières estimations. La production alimentaire devra alors augmenter de 70% d’ici à 2050.

Comment les Etats de notre planète parviendront-ils à assurer la sécurité alimentaire de bientôt 9 milliards d’individus ? Comment lutter efficacement contre les risques exogènes et endogènes dont la volatilité des prix et son impact sur la sécurité alimentaire ?

Pour l’heure, ces questions peinent à trouver des réponses à la mesure de ces enjeux et ce d’autant plus que la crise agricole que l’on connait en Europe se globalise. Après l’effondrement des prix du pétrole, ce sont maintenant les prix agricoles qui connaissent pour certains secteurs une chute drastique, dévoilant un contexte mondial particulièrement instable contraint par une offre abondante et une demande sous pression. La FAO a ainsi annoncé que les prix alimentaires mondiaux ont en moyenne chuté de 5,2 % entre juillet et août 2015, soit la baisse mensuelle la plus forte depuis décembre 2008. Les prix du blé, du lait, du café, du jus d’orange, du sucre ont ainsi atteint un plus bas depuis 2010. La surproduction confrontée à une faible demande en Chine et en Russie, du fait de l’embargo, a notamment fait chuter les prix du lait de 33 % sur l’année écoulée.

Les agriculteurs sont bien sûr directement impactés par cette chute des prix et le sont d’autant plus que les variations extrêmes sont de plus en plus fréquentes et importantes. Ces dernières génèrent de fait une incertitude croissante pour les producteurs agricoles, potentiellement dommageable aux investissements, à la compétitivité et à la rentabilité des exploitations.

Or, l’extrême financiarisation et la poursuite de la libéralisation non régulée du commerce agricole à l’image des accords de libre-échange négociés pour former de grands ensembles économiques, la poursuite du cycle de Doha par l’OMC ou l’abandon continu des mécanismes de régulation par Bruxelles dans le cadre de la PAC, ne pourront pas garantir la stabilité de nos agricultures et le maintien de notre sécurité alimentaire.

Il est alors plus que jamais primordial de tirer les enseignements des crises du passé et dans cette optique œuvrer à la mise en œuvre d’une coopération internationale dans le cadre d’une gouvernance adaptée et renouvelée.


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Paris, le lundi 25 septembre 2017